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Drames migratoires et identitaires : à qui la faute ?

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Publié le

6 octobre 2018

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L’immigration tue. Sur la route de l’Europe, des milliers de migrants meurent sous les flots de la Méditerranée et le fouet des esclavagistes. Mais qui est responsable ? Celui qui les refuse ou celui qui se propose de les accueillir ?

 

Les élections européennes approchent et la question migratoire semble vouloir s’imposer au coeur des débats. Les responsables politiques usuellement considérés comme « libéraux libertaires », libéraux de « la pensée double » ou tenants du « libéralisme culturel », à commencer par Emmanuel Macron, voudraient un choix binaire, entre d’un côté le « bien » et de l’autre le « mal ». Il s’agit de désigner un ennemi qui serait une menace pour la démocratie et l’Europe. Comme si nous n’étions pas déjà plongés en plein drame.

 

À qui la responsabilité ?

La frontière entre prétendus mondes du « bien » et du « mal » se situerait précisément sur la question migratoire. Si le futur scrutin, et donc l’évolution de l’Union Européenne doit se jouer sur ce thème, alors des questions sont à poser sans tabou. La plus importante porte sur les responsabilités. Si la question des migrations est devenue un problème pour les Européens, et un drame humain en Méditerranée, à qui en incombe la responsabilité ? Et donc : qui doit rendre des comptes, à l’échelle de chaque nation comme à l’échelle de l’Europe ? À l’évidence, la responsabilité des problèmes et des drames actuels n’incombe pas aux partis politiques un peu rapidement qualifiés de « populistes » par les tenants du libéralisme culturel. Les actuels gouvernement d’Italie, d’Autriche, de Hongrie, de République Tchèque, pas plus que les électeurs du Brexit ne sont responsables de la situation inhumaine actuelle.

 

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Les partis politiques dits populistes en Allemagne, France ou Scandinavie, non plus. Les premiers sont aux affaires depuis trop peu de temps pour que l’on puisse leur imputer les problématiques liées aux migrations; les seconds n’exercent pas le pouvoir. Alors, si le camp du « mal » représente un danger aux yeux des tenants du libéralisme culturel au pouvoir depuis 40 ans, bien qu’il ne puisse se voir attribuer aucune responsabilité dans la catastrophe migratoire actuelle, une catastrophe liée à la mondialisation et produisant des trafics d’êtres humains redevenus des marchandises, si donc les « méchants » populistes ne sont en rien responsables de la situation actuelle, eux dont il nous est répété qu’il faut les vaincre, une question toute simple se pose : à qui incombe réellement, concrètement et politiquement la responsabilité du fait que le ciel tombe déjà sur la tête de l’Europe ?

 

La réponse est connue

En réalité, chacun connaît la réponse à cette question : la responsabilité des conséquences d’une politique incombe à qui a mis en œuvre ladite politique. Autrement dit, ceux qui sont à la source des drames actuels doivent assumer leurs responsabilités. Ceux qui s’autoproclament depuis plusieurs décennies « camp du Bien »: les diverses variantes de droite et de gauche du libéralisme culturel, qui exerce le pouvoir depuis 40 ans en Europe. En France, tous les gouvernements qui se sont succédé depuis Fabius en 1983. Les différences entre leurs politiques apparaissent mineures si on les compare aux convergences. Ces gouvernements de gestion mènent des politiques quasi identiques depuis 1983.En particulier au sujet des migrations. C’est ce point qui est devenu crucial depuis 2015.

 

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Ainsi, s’il est évident qu’une partie des migrants venus en Europe depuis 2015 sont légitimement candidats à l’asile politique, car fuyant des guerres, il est devenu tout aussi évident que la majeure partie sont des migrants économiques, a contrario de ce qui fut alors affirmé, et que ces migrants sont vus, par la gouvernance économique et politique, comme une source de capital. Les migrants sont le lumpenprolétariat voulu par les profiteurs du système économique oligarchique européen actuel.

 

Un nouvel éveil des peuples

Les yeux des peuples se sont ouverts et la poudre de perlimpinpin n’aveugle plus la majorité des citoyens. La grande promesse des lendemains libéraux libertaires qui chantent s’est effacée devant la réalité : le développement extraordinaire du chômage, de la précarité, de la misère et de la violence. Or, si les migrations ne sont pas la source de l’ensemble de cette réalité, elles sont venues l’amplifier. C’est dans un contexte tendu, où « la religion du multiculturalisme » ne fonctionne pas, et où la sainte intégration est battue en brèche, que Merkel a décidé en 2015, au mépris de toutes les règles légales de l’Union Européenne, d’accueillir près d’un million de migrants. De ces politiques migratoires consistant à favoriser l’augmentation de la présence de migrants sur le sol européen, en mentant aux peuples, puis à prolonger cette politique de façon brusque en 2015, en mentant tout autant, est né le choix binaire évoqué plus haut. Alors, à qui la faute ?

 

Les politiques autoproclamées « humanistes » en matière d’immigration produisent le contraire de ce qu’elles prétendent viser.

 

D’après le quotidien libéral culturel Libération (9/08/18) et l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 17 000 personnes seraient mortes en Méditerranée depuis 2014 ; d’après cet autre quotidien libéral culturel, Le Figaro (8/09/18), des pays comme la Suède ou la France comporteraient, contrairement aux dénégations, environ 20 % de leur population issue de l’immigration. Chiffres qui viennent confirmer les travaux pourtant longtemps contestés de la démographe Michèle Tribalat, mais aussi ceux de Douglas Murray ou de Stephen Smith ; selon Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), au sujet de la Suède : « Entre 1985 et 2015, la part de la population d’origine non occidentale est passée de 2 % à 15 % de la population totale ». Reynié montre ainsi que se sont développés les « mécanismes du séparatisme communautariste et de l’exclusion sociale » en Suède. Il en va de même ailleurs.

 

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Les politiques autoproclamées « humanistes » en matière d’immigration produisent le contraire de ce qu’elles prétendent viser. Ainsi, « les liens entre délinquance et immigration sont établis statistiquement. Pour la seule année 2016, on relève en Suède 190 000 agressions sexuelles et 6 715 plaintes pour viols (…) un récent rapport gouvernemental suédois (22/08/18) montre que, dans les cas de viol où la victime ne connaissait pas son agresseur, celui-ci est non européen dans 85 % des cas ». Ici, comme dans l’ancienne Allemagne de l’Est, à refuser de voir le réel, il revient comme un boomerang. Sauf que les victimes ne se trouvent pas à Bruxelles, mais dans les rues de Cologne, Berlin ou Stockholm. Reynié de poursuivre : « En outre, des comportements antisociaux se sont propagés, multipliant les scènes auxquelles les Suédois ne s’habituent pas: incendies de voitures, dégradations d’équipements publics, rixes, trafics, fraudes etc. Et l’on observe une surreprésentation des non-Européens parmi les auteurs de ces délits ».

 

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Est-ce différent en France ? Il y a ainsi une « crise patrimoniale », autrement dit identitaire, en Europe, dont participe aussi la question de l’islam, provoquée par les gouvernances nationales et européennes depuis 40 ans, et ce sont ces gouvernance qui doivent en rendre compte. Les fautifs sont connus. Ce sont ceux qui, par idéologie, ont conduit les pays européens dans l’insécurité culturelle, économique et sociale au quotidien.

Pourtant, plutôt que de reconnaître les conséquences catastrophiques de leurs choix politiques, les responsables des drames en cours envisagent, par élections interposées, de s’accrocher à leurs fauteuils et de poursuivre sur le même chemin, tout en désignant de prétendues menaces populistes. La réalité est autre : les politiques catastrophiques et incompétentes, les peuples européens les subissent déjà. Tout comme les habitants des pays d’origine des migrations, pays pour lesquels les politiques migratoires actuelles sont tout sauf une solution pour l’avenir. Qui peut croire que l’Europe pourrait accueillir des centaines de millions de migrants? Et pourquoi, quand ces personnes ne demanderaient en réalité pas mieux que de demeurer enracinées chez elles ? La question est celle du respect des identités, de toutes les identités, et aussi, peut-être surtout, du partage des richesses. Il n’y aura aucune solution possible aux drames en cours sans remise en question des dogmes économiques en vigueur dans l’univers mental du libéralisme culturel. De fait, soutenir l’idéologie libérale culturelle aujourd’hui, c’est continuer à tuer en Méditerranée, à précariser en Europe et à déraciner partout dans le monde.

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