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Drive my car : éloge de la prothèse

L’épopée intime d’Hamaguchi s’est vu voler la Palme d’Or par le film en toc de Julia Ducournau. Retour sur un sommet du nouveau cinéma japonais.

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© Diaphana

Spike Lee et son jury de peigneuses de culs ont beau avoir donné la Palme d’or de l’opportunisme idéologique à l’arnaque Ducournau (on tremble déjà devant la marée noire de films d’horreur genderfluid que cette sinistre « consécration » va engendrer), ils se sont tout de même fendus d’un très discret prix du scénario pour le dernier opus de Ryusuke Hamaguchi, Drive my car. Un lot de consolation pour un film qui brille pourtant par sa maîtrise et sa mise en scène : à côté, le vilain Titane de Ducournau ressemble à une glaire sur pellicule.

Les deux films ne sont pas si éloignés qu’on pourrait le penser : là où Ducournau se réclamait pompeusement de Cronenberg (estimant sûrement qu’il suffit de filmer une strip-teaseuse embrochée sur un levier de vitesse pour mériter le label « body horror »), Drive my car entretient une relation bien plus intime avec Crash, chef-d’œuvre du maître canadien : ainsi, la première partie du film s’attache à décrire le quotidien apathique d’un couple en déshérence, marqué par le deuil et incapable de rétablir le dialogue. L’homme est un dramaturge réputé, la femme une scénariste télé : tous les deux appartiennent à une upper class de créatifs désœuvrés, exactement comme les protagonistes de Crash, et sont habités par un néant qui efface les contours de leur être. Un couple peu à peu dissous dans la morosité citadine, à l’image de ces bretelles d’autoroute désertes et de ces zones aéroportuaires sans âme qu’ils semblent traverser indéfiniment (là encore, l’aéroport comme « zone limite » de la cité est une figure récurrente de Crash). [...]

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