Vous succédez à Érik Tegnér à la tête de Racines d’avenir. Mais qui êtes-vous, et quel est votre parcours ?
Je suis un jeune Français comme les autres qui refuse de voir son pays se dégrader. J’ai 24 ans, je suis né, j’ai grandi et j’habite dans le Nord, et comme partout je vois bien que la France se meurt sur tous les plans. Comme beaucoup de jeunes, je suis fier de l’héritage que nous ont légué ceux qui nous ont précédés sur notre terre, et parce que je vois tout cela bafoué aujourd’hui, je pense qu’il est grand temps que la jeunesse se lève et se batte pour reprendre les choses en main. C’est pour cela que je me suis engagé en politique. D’abord chez les Républicains dont je suis resté sympathisant, et surtout chez Racines d’avenir, mouvement que nous avons fondé avec Érik Tegnér en 2018 pour se détacher des clivages partisans et enfin parler d’idées.
Le mandat local est vraiment un bel engagement et une responsabilité importante qui nous fait aussi prendre conscience des réalités de nos territoires. Si chacun de ceux qui partagent nos idées en avaient conscience et s’engageaient à leur niveau, alors je pense que l’on pourrait déjà changer bien des choses par subsidiarité
Et comme je suis amoureux de mon territoire et que je pense que le pendant du débat idéologique, c’est l’engagement pratique, je suis également engagé dans mon village du Nord en tant qu’adjoint au maire depuis cette année. Le mandat local est vraiment un bel engagement et une responsabilité importante qui nous fait aussi prendre conscience des réalités de nos territoires. Si chacun de ceux qui partagent nos idées en avaient conscience et s’engageaient à leur niveau, alors je pense que l’on pourrait déjà changer bien des choses par subsidiarité.
Ce changement de tête implique-t-il un virage idéologique, ou dans vos rapports avec les divers partis de droite ?
Comme je vous le disais, je me suis engagé dès le départ dans l’aventure Racines d’avenir parce que je croyais au débat d’idée plus qu’à l’affrontement partisan. De ce point de vue-là rien n’a changé, et je pense toujours que si nous voulons faire gagner nos idées, cela se fera évidemment dans le dialogue et le rassemblement, et non dans la division. Il n’y a donc pas de virage idéologique, nous conservons la rectitude dans notre engagement. Avec toute l’équipe de Racines d’avenir nous gardons cette volonté de nous positionner au-dessus de la mêlée et favoriser l’issue la plus favorable qui puisse rassembler les électeurs de droite autour d’une même entité, mener à la victoire, et redresser la France. Pour ce qui est des rapports avec les divers partis de droite, je reste ouvert à tous les dialogues.
Quelle est la mission de Racines d’avenir dorénavant ?
Les nouveaux objectifs de Racines d’avenir ne sont pas en rupture avec les précédents. Nous allons continuer ce que nous avons toujours fait, c’est-à-dire rassembler les jeunes qui aiment leur pays et veulent le sauver. Pour cela nous continuerons à organiser des évènements de débat et de convivialité qui sont attendus par les jeunes. Mais avec toute l’équipe de Racines d’avenir nous avons également maintenant d’autres ambitions. Comme je vous le disais précédemment, le débat d’idées est une chose saine et nécessaire, mais la deuxième jambe de la politique, c’est l’engagement. Sans mandat, sans responsabilité, on ne fait pas changer les choses.
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C’est pourquoi, avec les élus locaux que compte Racines d’avenir parmi ses membres ou ses amis, nous allons créer un pôle d’élus locaux qui puissent échanger et s’entraider, mais surtout motiver et former des jeunes qui ont la volonté de s’engager sur leurs territoires. À l’approche des départementales et des régionales de 2021 nous avons une vraie ambition de voir parmi nos membres de nouveaux élus locaux. Enfin, parce que nous sommes des occidentaux et plus particulièrement des Européens, nous avons pour volonté de créer des ponts entre les différents mouvements de jeunesse conservatrice et patriote du vieux continent. Les pays européens ont un destin lié, et c’est pourquoi nous sommes déjà en discussion avec des mouvements tels que les jeunesses du PiS ou du Fidesz pour organiser des évènements communs et travailler dans le même sens.
Avez-vous encore la capacité de mobiliser des jeunes et quels sont les prochains événements prévus ?
Bien sûr que nous avons encore la capacité de mobiliser les jeunes, et nous l’avons d’ailleurs déjà montré. Quand je pense à nos grandes réussites comme la Convention de la droite où nous avons réussi à réunir 2000 jeunes venus de toute la France, je me dis qu’il y a plus qu’un espoir, qu’il y a réellement une jeunesse prête à s’engager. Car en réalité, et on le voit bien au travers de toutes les entités territoriales de Racines d’avenir en France, les jeunes de droite, déjà engagés dans un parti, un syndicat étudiant ou sans engagement politique particulier, sont dans l’attente d’un mouvement qui puisse les réunir par les idées et leur offrir un engagement concret. Dans les prochains mois, nous avons déjà prévu de rassembler nos adhérents à l’occasion de plusieurs évènements, notamment un premier dès le mois d’octobre à Angers pour parler de l’université avec des intervenants de qualité, et un deuxième le 3 novembre pour suivre la soirée électorale américaine dans un café parisien. D’ici là nous continuerons bien évidemment à nous retrouver régulièrement autour d’une petite bière !
Au-delà des egos et des clivages partisans, c’est que de notre côté nous allons tout faire pour nous préparer à cette échéance, notamment sur le plan intellectuel mais également sur le plan pratique pour pouvoir éventuellement nous engager derrière un candidat qui porterait l’étendard de la droite et s’affranchirait enfin des carcans partisans
Une préférence pour un candidat aux présidentielles ?
La présidentielle est en 2022. Nous sommes en 2020. On a encore le temps de voir venir. D’ici là beaucoup de choses peuvent encore arriver et rebattre les cartes. Ce qui est néanmoins sûr, au-delà des egos et des clivages partisans, c’est que de notre côté nous allons tout faire pour nous préparer à cette échéance, notamment sur le plan intellectuel mais également sur le plan pratique pour pouvoir éventuellement nous engager derrière un candidat qui porterait l’étendard de la droite et s’affranchirait enfin des carcans partisans. Dans un moment aussi crucial pour notre pays et alors qu’une majorité des Français se revendique de droite, il est temps que chacun prenne ses responsabilités pour nous offrir la victoire. Nous avons pour notre part une volonté profonde de le faire.
Propos recueillis par Jacques de Guillebon





