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Éditorial de Jacques de Guillebon : Faites-les taire !

Le numéro 43 est disponible depuis ce matin en kiosque, par abonnement, et à la demande sur notre site. Voici l'éditorial du numéro, par Jacques de Guillebon.

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© L'Incorrect

C’est reparti. La République est ennuyeuse mais la démocratie a de faciles tours dans son sac pour donner au citoyen l’impression qu’il va se passer quelque chose dont il sera l’acteur important : l’élection présidentielle qu’on a rendue plus fréquente comme au crackeux sa dose est toujours une manière d’autre Coupe du monde suscitant pronostics fiévreux, enthousiasmes injustifiés, alliances et trahisons aussitôt oubliées que nouées. Des voix s’élèvent pour prédire pour la douzième fois que ce seront les élections de la dernière chance, qu’après ou tout sera fichu, ou tout sauvé. Au vrai, qui est capable de dire ce qu’aura accompli M. Macron depuis que de son pas hiératique il a franchi la cour du Louvre, un soir de mai 2017 ? Il aura traversé ces quatre années comme cette cour, c’est-à-dire fantomatiquement, ombre magnétique dans la nuit qu’un peu de réalité dissipe. Victime, dont le sort ne nous émeut pas, des Gilets jaunes puis de l’épidémie, c’est à peine si ce président parti de rien pour aller nulle part aura supprimé la taxe d’habitation et fait voter l’accès universel à la PMA. Et sinon? Eh ben, ça va, s’il se passe quelque chose on vous le dira.

C’est donc reparti et Janus rex, empereur de l’en même temps, raconte déjà tout et n’importe quoi à un peuple qui n’ayant pas encore pansé ses plaies virales doit subir le plus gigantesque bombardement de propagande de l’histoire : cancelé, woké, décolonialisé, le dernier Français qui ne s’est pas encore pendu de honte se fait lyncher par une bande d’infâmes racailles importées avant d’aller pointer chez Pôle emploi. Heureusement pour consoler nos âmes, il reste les terrasses, celles-là mêmes qui depuis 2015 nous ont permis de résister vaillamment et avec succès aux douces balles de la religion du faux prophète.

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : l’art de conserver

C’est reparti. Pendant que la gauche – qu’est-ce donc? – se dissout dans les égouts de Suburre, le camp national ou patriote croît chaque jour qui passe et c’est heureux. Mais dans quelle espérance? Celle de rétablir des frontières et l’ordre. Premier pas ô combien nécessaire, et qui demeure possible quoique tout semble prouver le contraire. Mais ensuite ? Marine Le Pen, éternelle championne des sondages, voudra bien limiter l’immigration et relancer la natalité ; mais elle a déjà rendu les armes devant l’Europe, et baissé pavillon devant l’islam. La démocratie, c’est 50 % plus un répètent les demi-habiles, et il faut parler à toutes les populations, ce qui inclut donc les nombreux musulmans.

Il serait peut-être temps de changer de régime, même si personne n’ose le dire ni le penser. Le paradoxe contemporain, c’est que c’est la gauche qui étant née du principe de l’expression politique du sentiment populaire s’en est le plus éloignée aujourd’hui, lointaine, méprisante et recluse dans ses quartiers bios et bobos où la clope, le diesel, le PMU et le pastis n’ont pas droit de cité. Et que c’est la droite qui s’est engouffrée dans la brèche de « la voix du peuple » qu’il faudrait entendre, porter et surtout parler. Grave erreur : l’amour de son peuple n’implique pas, bien au contraire, qu’on en épouse toutes les causes, toutes les outrances, et toutes les aspirations cupides et irrationnelles. De même qu’on aura vu une droite sans tête flatter le Gilet jaune comme d’autres tâtent le cul des vaches, de même elle aura adhéré sans réflexion à tous les complotismes, mensonges, élucubrations et fantasmes des négationnistes de l’épidémie. La raison en est sortie blessée, la vérité trouée, et la droite ridiculisée.

Il est grand temps de quitter ce système politique qui n’aura jamais tenu ses promesses ni d’émancipation, ni de solidarité, ni de prospérité. Les lumières et leur réflexion soi-disant critique sont bien loin

Il est grand temps de quitter ce système politique qui n’aura jamais tenu ses promesses ni d’émancipation, ni de solidarité, ni de prospérité. Les lumières et leur réflexion soi-disant critique sont bien loin. Elles auront fait la preuve qu’à livrer l’homme à sa seule conscience, à son petit cerveau monadique, on rejoint bientôt les antiques ténèbres des instincts et du primesaut. Nul ne peut être inquiété pour ses opinions, soit; mais on peut être inquiet des opinions des autres. La vérité désormais s’arrête où commence celle des incultes, et l’avenir de l’occident et la France ne se jouera décidément pas dans les mouvements d’une foule qui réclame son dû, son corps, ses droits, ses compensations.

Mais l’occident a un avenir, et c’est celui de l’intelligence, qui suppose de couper court au chœur des pleureuses de tout ordre ; qui suppose le sacrifice de l’expression de toutes les opinions. Car non, toutes ne se valent pas. Pour que la France ait un avenir, faites-les taire. Ou à défaut, ne les écoutez plus.

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