Edouard Louis : MÉPRIS ET PITIÉ D’UN PARVENU



Extrait Faut-il insulter son milieu d’origine pour être un transclasse accompli? A l’heure où le peuple des sans-dents en prend plein dedans, il semble pertinent, sinon urgent, de s’interroger sur la représentation de la « France périphérique » dans la littérature – nom fumeux et porteur d’un prestige usurpé aux temps jadis, disons plutôt: sur le marché national du livre. En 2014, la ridicule proportion de nos compatriotes qui lisent avait pu découvrir Édouard Louis, brillant étudiant d’une vingtaine d’années, propre comme un sou neuf et bien peigné, aux airs d’angelot tendant le panier aux fidèles à la fin de la messe. Ne vous fiez pas à son allure d’ex-enfant mannequin pour Cyrillus, Édouard Louis, né Eddy Bellegueule, est l’incarnation parfaite pour Les Inrocks du white trash émancipé. Issu d’une famille d’ouvriers crasseux se nourrissant presque exclusivement de pommes de terre (une attitude pourtant éco-responsable pour des habitants du Vimeu, ce petit terroir picard coincé entre le Ponthieu et le pays de Bray), le jeune disciple de Didier Eribon avait retracé au long de deux cent vingt pages dignes d’une Passion laïque son enfance martyre entre brimades, coups et humiliations, le tout dans un contexte d’homophobie prégnante. Une image de la campagne aussi fine et objective qu’une exégèse du Coran par Michel Onfray… Difficile de penser, pour des esprits chagrins qui se qualifieraient de lucides, qu’un premier « roman » d’un illustre inconnu publié au Seuil jouisse d’une telle (…) A découvrir dans le dernier numéro et en ligne pour les abonnés
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