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Tous égaux, tous gentils, tous cons

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Publié le

18 octobre 2017

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Télévision - L'Incorrect

 

[qodef_dropcaps type= »normal » color= »red » background_color= » »]l[/qodef_dropcaps]a télévision crée son monde propre : celui où on préfèrera toujours un bouffon à un déviant, un inculte à un provocateur, un fonctionnaire à un homme libre.

 

Campagne présidentielle 2002. Le monde audiovisuel est en ébullition. État de panique. Le Vieux, Jean-Marie Le Pen, grimpe dans les sondages. La menace devient palpable pour les hérauts de la bien-pensance médiatique. Le diable s’annoncerait au second tour… La vaillante équipe de Ripostes, une émission de débats emportée parle volubile Moati sur France 5, décide d’inviter le taulier du FN, en choisissant de tourner le dos aux habituels dispositifs audiovisuels du politiquement correct, qui consistent à se tailler la bonne conscience en interviewant Le Pen, bombe audimatique, avec une pugnacité sottement vertueuse, histoire pour le pantin du 20h00 de s’ « auto-adouber» croisé de l’« ordre moral humaniste ». Non, Ripostes choisit de considérer Le Pen comme l’un des vétérans de la vie politique française en l’asseyant autour de la table au milieu de représentants d’autres sensibilités idéologiques ; Malek Bouthi, Henri Weber et quelques incarnations du centrisme, de la droite parlementaire, etc.

 

L’ignorance prévaut. L’aplomb bobo règne

 

Lorsque la tête non pensante de la chaîne du service public est informée de l’opération, une bombe à fragmentation explose : « On ne peut pas faire cela ! Le mettre au même niveau que les autres… », gémit la patronne de France 5 entourée pour l’occasion de son état-major. « Si une seule…je dis bien une seule personne âgée décide de voter pour Le Pen, je m’en voudrais toute ma vie… », sanglote l’édile de la cinquième chaine du service public. Quelques mois plus tard et la présence du menhir au deuxième tour, furibarde, de se retourner vers Ripostes : « vous portez une lourde responsabilité dans ce résultat électoral… » (sic)

Tout est dit du politiquement correct de l’époque. Il n’a fait que s’accentuer. Et cette anecdote en traduit bien l’une de ses expressions dans les couloirs de la télé, à savoir, comme le souligne l’épatant Mathieu Bock-Côté dans une récente tribune du FigaroVox, que « la gauche est naturellement légitimée alors que la droite doit toujours se justifier d’exister. Elle évolue sous la surveillance constante de gardiens de la circulation distribuant des contraventions médiatiques pour dérapages idéologiques. »

On sait cette posture de pacotille nourrie par aucune éthique ni aucune érudition mais simplement abreuvée au lait de l’antiracisme, de la diversité et du progrès. L’ignorance prévaut. L’aplomb bobo règne. On duplique la posture. Attraction-Répulsion-Censure. On identifie les « méchants fréquentables » (« Ils sont bons clients… »), invités comme tels dans les émissions, comme Amaury de Chaunac-Lanzac (François d’Orcival) ou Philippe de Villiers, proscrit à coup sûr s’il n’était pas blanchi par son Puy du Fou.

 On connaît les pestiférés : Millet, Zemmour, Todd (limite fréquentable), de Benoist, ou encore, dans un autre registre, Tariq Ramadan. Avec ce dernier exemple, l’anathème a la peau dure. Récemment, à l’orée de la saison 2016-2017 la direction de Paris Première a clairement spécifié que le prêcheur musulman était interdit d’antenne. En revanche, elle frémissait d’aise à l’idée de recevoir Jean-Marc Rouillan dans l’un de ses studios…

Le directeur de la chaîne cryptée parisienne daigne se déplacer pour assister à un enregistrement, dès lors que du politique prometteur – donc possiblement utile – y est interviewé. On a ainsi pu voir le patron de Paris Première, tout miel, venir serrer la main de Bruno Retailleau (avant que l’imposture Fillon éclate) ou pactiser pendant la campagne avec Benjamin Griveaux (on ne sait jamais, et si c’était Macron…).

 

Ultralibéralisme médiatique ?

 

Après l’ignorance, le politiquement correct à la télévision procède donc aussi de cela, d’une fascination aveugle, et de la consanguinité qui en découle, pour le pouvoir. Car dans les chaînes, dans les sociétés de production audiovisuelle, le pourvoir est radical. Le chef y est vénéré, et son exercice, brutal. Le politiquement correct, indice de l’ultra-libéralisme médiatique ! Mais cette bien-pensance, dénoncée il y a peu et de façon inattendue par une bien-pensante elle-même, Sandrine Bonnaire, dans « Thé ou Café » sur France 2 en ces termes : « tout est fait pour nous faire taire… » tète à un autre pis : l’incompétence professionnelle, absoute de sanctions.

C’est particulièrement éclatant dans les couloirs de France Télévisions. Y grenouillent une théorie de « conseillers de programmes », assimilés « fonctionnaires » donc invirables, et dont les avis valident ou renvoient une émission, un reportage, un documentaire, une fiction au banc de montage. La plupart d’entre eux n’ont jamais fabriqué de programmes de leurs vies. Ils ne sont que des « super téléspectateurs ». Faute d’analyse structurelle sur les images, ces jocrisses compensent en émettant de la morale. En une abjecte contrefaçon la télé dit aujourd’hui le Bien et le Mal.

Dans l’impuissance d’intellectuellement contrecarrer les arguments sulfureux ou les dialectiques sophistiquées, le conseiller de programme les éradique et délivre du sanitaire bas de gamme. Pas de gros mot, pas d’extravagances idéologiques. Lissons ! Tous égaux. Tous gentils. Tous cons. Tous politiquement corrects.

 

 

Retrouvez l’article sur la culture de gauche dans l’audiovisuel public

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