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Élections : des gauches, des droites et un blocage espagnol

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Crédit : Romée de Saint Céran pour L'Incorrect

Ce dimanche, les électeurs espagnols sont appelés aux urnes pour la troisième fois cette année et pour la quatrième fois en quatre ans afin d’élire leurs députés et sénateurs. Ces élections anticipées, symbole de la crise institutionnelle que traverse le pays, pourraient maintenir Madrid dans l’impasse politique.

 

La fragmentation du Congrès des députés est une constante depuis les élections générales du 20 décembre 2015. Au traditionnel bipartisme entre socialistes et conservateurs a succédé une ère d’incertitude marquée par l’émergence de nouvelles formations au niveau national, dont Podemos, les centristes libéraux de Citoyens (Cs) et la droite nationale de Vox, le parti de Santiago Abascal. Le gagnant des élections de juin dernier et président du gouvernement en exercice, Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol), a été incapable de s’entendre avec la formation de gauche « radicale » Podemos afin de former un embryon de majorité capable de gouverner.

 

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Dans ce contexte, le scrutin du 10 novembre pose un certain nombre de questions, la première étant celle de l’abstention. Les citoyens vont-ils se déplacer en masse alors que leur classe politique ne cesse de se quereller ? Le 28 avril, 71,76 % des inscrits avaient mis un bulletin dans l’urne mais on peut s’attendre à une baisse. L’abstention pénalise traditionnellement la gauche outre-Pyrénées et cette dernière doit maintenir la majorité absolue dont elle dispose au Sénat, assemblée capable de décider d’une réforme constitutionnelle.

 

Gagnants et perdants probables

 

À la chambre basse, les enjeux sont multiples. Pedro Sánchez, qui a délibérément choisi d’aller vers un nouveau scrutin, espérait qu’il améliorerait son résultat d’il y a cinq mois (123 sièges). Les derniers sondages montrent une stagnation des socialistes et certains laissent même imaginer une certaine baisse (entre 119 et 121 élus), ce qui serait une claque pour le chef de l’exécutif. Sanctionné par l’Assemblée électorale centrale pour avoir abusivement eu recours aux moyens gouvernementaux, le cabinet Sánchez ne semble pas vraiment profiter de l’exhumation de Francisco Franco.
De plus, les troubles en Catalogne, face auxquels il apparaît impuissant, bénéficient apparemment à la droite, qui remonte : le Parti populaire pourrait frôler les 100 sièges (contre 66 à l’heure actuelle) et Vox, devenir la troisième formation du pays avec un score haut (jusqu’à 50 sièges).

 

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Podemos et Pablo Iglesias pourraient résister mieux que prévu (35 élus), notamment grâce à une campagne très fade du parti dissident d’Íñigo Errejón: Más País (entre 3 et 6 députés). La plus grosse chute devrait venir de Ciudadanos (de 57 à 16 élus). Ses électeurs semblent fuir Albert Rivera vers le PP de Pablo Casado, l’abstention et, dans une moindre mesure, le camp socialiste.

 

Un débat à 5

 

Le débat des cinq principales têtes de liste (Sánchez, Casado, Rivera, Iglesias et Abascal) de ce soir à la télévision publique espagnole pourrait faire bouger certaines lignes. Reste à savoir si le blocage parlementaire sera encore la norme lundi prochain, gauche et droite ne parvenant toujours pas à se départager.

 

Nicolas Klein

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