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Eloi du Mesnil : « L’Urbex ne peut pas bien se terminer »

L'urbex est un phénomène social comme seul internet sait les créer. Des quidams excités par l'exploration clandestine de lieux patrimoniaux, postent les photos de leurs visites sur le web. Ouvrant la voie à pléthore de visiteurs, qui occasionnent pillage et dégradations. Enquête.

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© DR

Pourquoi s’être personnellement intéressé au sujet de l’Urbex ?

En réalité, si je n’en avais pas été victime moi-même, je pense que je n’aurais jamais été au courant de cette pratique. Je restaure des propriétés en Normandie, des petits manoirs, des maisons de famille. Petit à petit je me suis rendu compte qu’elles étaient visitées, puis dégradées et enfin cambriolées. Je me suis donc mis « en planque » sur certaines propriétés et j’y ai intercepté des petits jeunes. J’ai menacé l’un d’eux de le dénoncer à la gendarmerie, mais je l’ai finalement utilisé comme source d’informations, puisque mes actions précédentes auprès de la gendarmerie n’avaient jamais porté leurs fruits. Les gendarmes ne donnent pas suite, ils considèrent ces actes comme de simples « vagabondages » alors que je les ai prévenus à plusieurs reprises. Nous en sommes à cinq, six cambriolages par an...

À titre personnel, je vends ma propriété. J’abandonne tellement les dégâts causés lors des derniers passages ont été importants : ils ont ouvert les robinets et détruit tous les parquets. Il m’est désormais impossible de continuer, je ne peux aller plus loin financièrement. Ce sont vingt-cinq années de restauration qui s’arrêtent.

Le jeune homme que j’avais intercepté m’a donc donné toutes les informations nécessaires et grâce à celles-ci, je me suis fait passer pour l’un d’entre eux afin d’être accepté dans leurs groupes Facebook. Ce sont des groupes « Urbex » fermés. Pour être accepté il faut répondre à un certain nombre de questions. J’ai donc été accepté dans ces groupes où j’ai découvert des photos de ma propre maison avec des gens chez moi. Cela n’a pas le moins du monde intéressé la gendarmerie, les individus n’ont même pas été convoqués. La seule « solution » qui m’a été proposée était d’entrer en contact avec les individus concernés et de leur demander de supprimer les photos du réseau social.

J’ai tenté en vain de leur expliquer que les faits étaient graves puisqu’il y a des survols de propriétés par des drones, et que les données de géolocalisation des propriétés sont ensuite vendues sur des sites internet. Ces sites payants indiquent l’emplacement, la manière d’entrer et même ce que l’on trouve dans la maison. J’ai mené cette enquête par patriotisme, par amour de la France et de son patrimoine. À titre personnel, je vends ma propriété. J’abandonne tellement les dégâts causés lors des derniers passages ont été importants : ils ont ouvert les robinets et détruit tous les parquets. Il m’est désormais impossible de continuer, je ne peux aller plus loin financièrement. Ce sont vingt-cinq années de restauration qui s’arrêtent. Mais par solidarité, pour tous ceux qui aiment le patrimoine français et ceux qui ont une résidence secondaire, j’ai voulu faire cette enquête. [...]

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