Pour en finir avec le général Boulanger

© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

La Convention de la Droite du 28 Septembre dernier a eu un grand mérite : celle de lever une hypothèque qui ligotait le désir d’action de beaucoup d’entre nous, tels les lilliputiens ligotant Gulliver : Marion n’ira pas. Cette fois-ci c’est clair pour tout le monde.

 

Il n’est pas question ici de la blâmer ou de lui en faire le reproche. La gamine a par le passé fait preuve de courage et d’intelligence. On n’est pas sûr de pouvoir en dire autant de chacun des leaders autoproclamés de la droite de gauche. Mais c’était pénible de voir toutes ces casernes attendant en vain un ordre de mobilisation qui ne venait jamais, une attente mi « Désert des Tartares », mi « Zizi Jeanmaire à l’Alcazar », alors que le pays de délite, se défigure, s’autodétruit chaque jour.

L’abstention – plus que l’abandon – de l’égérie en réflexion permanente ne permet plus de se poser les mauvaises questions, mais au contraire de n’en retenir qu’une seule : qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

 

Reste à savoir quoi et comment, et surtout – une fois l’échéance municipale passée – pour quoi faire, aussi longtemps que la question du Chef, dans ce vieux pays qui n’aime rien moins que se donner à des mâles autoritaires (Louis XIV, Napoléon, De Gaulle), ne trouvera pas de réponse évidente.

 

On peut avoir la tentation de l’ermitage, de l’Aventin ou des planètes mortes, tellement la situation politique – mais surtout morale – parait désespérée. Mais alors, humons l’air et regardons les étoiles avant de disparaître, bref, vivons heureux en attendant la mort, et ne demandons pas à Eric Zemmour ce que nous ne pouvons faire nous-mêmes, puisque tout effort paraît vain.

On peut aussi faire le vieux pari de l’entrisme – j’ai vu des experts du genre traîner leur œil d’alligator faussement endormi dans les coursives de la Palmeraie – et espérer faire du Rassemblement National une sorte de RPR moderne, où seraient tolérées différentes chapelles – y compris une chapelle catholique, on peut toujours rêver – mêlées au coude à coude au sein de la même machine électorale. Après tout, le rad-soc Chaban-Delmas disait bien : « il y a de tout au RPR, même des gaullistes ». Mais alors il va falloir s’armer de patience, car pour 2022, il n’y a aucun suspense sur l’identité de la candidate à la présidentielle, et se ruiner en cierges en espérant que le pays tienne jusqu’à l’échéance d’après.

 

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On peut enfin essayer, pour répondre à l’appel de Robert Ménard, de s’engager ici et maintenant, avec l’esprit d’un pompier hollandais face à une digue qui saute. Reste à savoir quoi et comment, et surtout – une fois l’échéance municipale passée – pour quoi faire, aussi longtemps que la question du Chef, dans ce vieux pays qui n’aime rien moins que se donner à des mâles autoritaires (Louis XIV, Napoléon, De Gaulle), ne trouvera pas de réponse évidente.

Au moins serons-nous gré à la séquence qui vient de s’achever – dans une France où Raphael Enthoven passe pour un philosophe, Jean-Michel Apathie pour un journaliste, et Jacques Chirac pour un très grand Président – de nous avoir convaincu d’arrêter d’attendre le Général Boulanger…

Alexandre OLLIVIER

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aollivier@lincorrect.org

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