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En marche ! (contre le pass et Macron)

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Publié le

19 octobre 2021

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Alors que les manifestations antipass battent de l’aile, quelques ultimes combattants de la liberté continuent de s’opposer à la politique sanitaire du pouvoir.
macron

Je retiens un chiffre : 0,17%. C’est le taux de mortalité du covid par rapport à l’ensemble de la population française (juillet 2021). En France, cela représente tout de même 115 000 décès. Sur ce coup je ne vais pas faire preuve d’originalité, mais il semble établi qu’une très grande partie de ces décès concernent des personnes avec une espérance de vie réduite et souvent affectées des mille et une faiblesses qu’occasionne l’âge. Après tout, la progression du nombre des cancers est aussi une conséquence de l’allongement de la durée de vie, et du vieillissement croissant de la population française.

On a presque le sentiment que les vaccins et le QR code sont devenus chez pas mal de CSP+ autant de signes extérieurs d’excellence et de supériorité sociales, civiques et morales

Du covid au sida

Ces généralités controversées émises, je regarde autour de moi : quatre ou cinq personnes dans mes connaissances ou ma famille ont eu officiellement le covid ou pensent l’avoir eu. Et je n’ai entendu parler que d’un décès, celui de la mère d’une amie de ma sœur, âgée de 98 ans. Il est permis de penser qu’elle est morte aussi d’avoir 98 ans. Ma tante, âgée de 90 ans, a eu un covid « certifié » et y a survécu. Et là je repense à l’autre épidémie qui a fait trembler le monde voici une quarantaine d’années : le sida. Tout avait commencé, au début des années 80, par la rumeur d’un mystérieux « cancer des homosexuels », puis par l’annonce de décès de people – Klaus Nomi et Rock Hudson. Très vite, le virus identifié par le professeur Montagnier qui y gagna un prix Nobel devint un sujet de terreur et de polémiques et en tout cas une actualité récurrente. Les homosexuels, quoi qu’on en ait dit à l’époque, étaient les plus touchés, mais tout le monde tremblait, moi le premier du fait d’incartades hétéros pourtant généralement protégées. Ce qui est certain c’est qu’entre 1985 et 1995, au moins six jeunes hommes autour de moi sont morts du sida, homosexuels, drogués et hémophiles contaminés. Bref, j’ai été plus « impacté » par le sida que par le covid, jusqu’à présent.

Le pass c’est la classe ?

Revenons à la pandémie qui nous occupe ô combien. Elle a révélé pas mal de choses : la politique irresponsable de gouvernements successifs réduisant les lits d’hôpitaux ; les contradictions au sein de la communauté scientifique. Et aussi elle a ravivé dans ce pays une fracture politico-sociale à la Gilets jaunes : ce sont souvent les mêmes qui acceptent le vaccin et le pass sanitaire ou qui les refusent. Et ça entraîne les mêmes crispations. On parle de la violence et du complotisme des « anti-vax » mais que dire de l’arrogance, du mépris de classe qu’on lit, à propos des anti-vax ou anti-pass en question, sur les forums de journaux comme Le Point et Le Figaro, plutôt bourgeois et en tout cas assez « macrono-compatibles ». On a presque le sentiment que les vaccins et le QR code sont devenus chez pas mal de CSP+ autant de signes extérieurs d’excellence et de supériorité sociales, civiques et morales, inaccessibles aux prolos populistes. De même je vois que ce gouvernement, qui a mangé son chapeau sur le terrain de la révolution libérale mondialisée semble vouloir se rattraper sur le terrain de la vaccination : les statistiques triomphalistes de Véran ont un arrière-plan politique, comme si Macron et les siens espéraient qu’une part importante des vaccinés allaient se transformer en électeurs « progressistes ». Enfin il y a l’aspect diversion : pendant qu’on parle beaucoup du covid, on parle moins des questions sociale et identitaire que je trouve plus « prégnantes » et pour lesquelles on n’a pas de vaccin…

Lire aussi : Éditorial de Jacques de Guillebon : Ma droite, mes droits !

C’est pour toutes ces raisons, et par curiosité aussi, que je suis descendu dans la rue une deuxième fois, samedi 4 septembre, dans le secteur École Militaire/ Invalides. La mobilisation ? À mon avis d’amateur un peu entraîné, peut-être 15 000 personnes : ce n’est pas le peuple français en marche dont parle du haut de sa tribune Florian Philippot mais ce n’est pas une mobilisation ridicule. Sinon, rien de surprenant : c’est plus Gilets jaunes que Manif pour tous – malgré une importante minorité bcbg – un peu le métro à 18 heures, avec une assez grande diversité sociale et ethnique. Je n’ai aperçu qu’un seul people, Marc Menant, l’historien un peu « michelétien » de la bande à Zemmour. Parmi les orateurs de la tribune, deux commerçants de l’Est de la France qui veulent lancer un nouveau syndicat pour défendre leurs intérêts ; Nicolas Dupont-Aignan, seul député présent donc ; Fabrice di Vizio, qui prêche pour la liberté de choix, au-delà du covid et du vaccin. Et bien sûr Philippot, qui, véritable ressuscité politique, exalte – avec la pêche tribunicienne d’un Jean-Marie Le Pen ou d’un Mélenchon – la résistance des personnels soignants, cite, évidemment, les résultats contrastés des vaccins en Israël, voue aux gémonies le pass sanitaire inégalitaire et impossible à appliquer durablement et prophétise hardiment la chute de la maison Macron.

À 17 heures, c’est la Marseillaise conclusive. Moi ce qui m’a bien plu, c’est d’entendre conspuer Macron dans un arrondissement qui a voté pour lui à 88 % au deuxième tour de la dernière présidentielle. Le pass ? Il ne passera pas par moi (pour le quart d’heure)…

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