Rappelez-vous il y a quelques mois, rebondissant sur la mort de Georges Floyd provoquée par des policiers aux États-Unis, 20 000 personnes s’étaient réunies devant le tribunal de Paris malgré l’interdiction préfectorale. Certes, l’émotion internationale en faveur du sort des noirs a empêché de faire subir aux contrevenants la fermeté appliquée aux Gilets jaunes. Les esprits sourcilleux ont aussi relevé à quel point les manifestations de gauche sont mieux tolérées par le pouvoir. Mais il ne faut pas pour autant occulter la réussite médiatique du collectif Justice pour Adama, dont l’univers est vertigineux.
Hormis Samir Baaloudj, tous ont été ou sont fonctionnaires. Après les islamistes et les gauchistes, le troisième pilier du collectif, ce sont les emplois de l’État
Le personnage le plus intéressant de ce collectif est sans conteste Samir Baaloudj, avec des décennies de militantisme au compteur. Assa Traoré et les autres reconnaissent que c’est lui qui a, dès les premiers jours, impulsé les bons réflexes et permis au collectif de prendre de l’ampleur. Cet homme est authentiquement courageux, sans doute est-ce pourquoi il est le seul, au sein du collectif, à n’avoir jamais été salarié par l’État ou un de ses satellites. Tous les autres, sans exception, ont été ou sont fonctionnaires. Après les islamistes et les gauchistes, le troisième pilier du collectif, ce sont les emplois de l’État.
Cela se voit pour les têtes d’affiche. En ce qui concerne les autres, il suffisait de se rendre sur le site internet de Justice pour Adama, site depuis supprimé. Pour prendre contact, deux courriels étaient alors proposés. L’un utilisait une adresse @riseup.net. Qu’est-ce que Rise Up ? Un projet porté par des extrémistes de gauche américains versés dans les nouvelles technologies, qui offrent aux activistes de leur espèce des outils numériques pour structurer leur mouvement. Qui vous renseigne en France sur Rise Up ? Le site de La Horde, un collectif antifasciste, lui-même hébergé par Samizdat, du nom du réseau clandestin qui, dans les pays de l’ancien pacte de Varsovie, permettait la circulation d’écrits dissidents. Quand les staliniens récupèrent les martyrs du petit père des peuples… Ces gens osent tout. Quelle est l’adresse de Samizdat ? Celle du siège social de la fédération nationale de SUD Éducation. L’État financerait-il cette fédération ? Elle s’en défend, et s’en plaint amèrement. Heureusement pour vous, L’Incorrect s’est demandé si, tout de même, on ne pouvait pas regarder un peu les comptes de cette fédération. À tout hasard.
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La fédération recommande chaudement à ses 75 syndicats autonomes territoriaux de publier leurs comptes. Sans doute est-ce pour cela qu’elle s’en passe. Une partie d’entre eux s’est acquittée de la corvée. En résumé, Sud Éducation bénéfice bien de subventions, estimées entre 50 000 et 100 000 euros pour 2018. Une paille. Mais surtout, la fédération dispose de 60 équivalents temps-plein (ETP) payés par le ministère de l’Éducation nationale, ce qui représente 90 000 heures par an. Converti en salaires chargés, le cadeau s’élève à plus de 1,5 millions par an. Avec plusieurs centaines de militants, vous commencez à faire deux ou trois choses, sachant que Sud Éducation ne représente qu’une part de l’empire Sud. Par exemple, pour Sud Rail, c’est 5 ETP et 300 000 euros de subvention en 2018. Or, Sud compte 55 branches. Si avec ça la centrale ne peut pas compter sur au moins 500 à 1 000 militants à temps partiel, ce serait étonnant. Et ce n’est que Sud. Maintenant, respirez un bon bol d’air frais, et pensez à la CGT.
Il est plus qu’urgent pour la droite de créer ses propres emplois subventionnés, ou d’obtenir la suppression des financements publics des gens qui s’obstinent à cracher sur la main qui les nourrit.





