Entre Moscou et Washington, choisir Paris

@DR

On pourrait débattre à l’infini de l’origine de l’attaque chimique de Douma. On pourrait discuter des preuves apportées par chacun, comme certains le font depuis les bombardements de la Ghouta en 2013 et celui de Khan Cheikhoun en 2017. Sur ce sujet, le scepticisme est sans doute la meilleure philosophie. Propagande et contre-propagande, c’est le triste jeu de la guerre. Laissons donc les services et les communicants nous bombarder de preuves contradictoires. La guerre ne répond pas aux critères d’une enquête judiciaire.

La seule chose qui nous intéresse au fond, c’est la position de la France. Certains atlantistes citent abusivement Carl Schmitt: « il faut choisir son camp« . Autrement dit, nous n’aurions pas d’autre choix que de nous soumettre à Washington. Cette résignation stratégique repose sur l’idée que la France ne serait pas assez grande pour décider seule et qu’elle devrait toujours se mettre à l’abri d’un plus puissant. Cette mentalité défaitiste a été combattue toute sa vie par le général de Gaulle. Face à l’islamisme radical, nous n’avons pas de temps à perdre en rivalité russo-américaines ou sunnites-chiites. La France n’a pas choisi Washington contre Moscou pendant la seconde guerre mondiale parce que l’ennemi était à Berlin.

Cette mentalité défaitiste a été combattue toute sa vie par le général de Gaulle. Face à l’islamisme radical, nous n’avons pas de temps à perdre en rivalité russo-américaines ou sunnites-chiites.

Puisque la coalition occidentale a soulagé sa conscience en tirant une centaine de missiles et que Vladimir Poutine a eu la bonne idée de ne pas riposter, il est temps de nous remettre en ordre de marche. Qu’ils soient à Idlib, au Sahel ou à la frontière irako-syrienne, rien ne devrait nous éloigner des vrais buts de guerre : anéantir le djihadisme international.

Pour ce faire, en Syrie, la diplomatie a été négligée et doit reprendre sa place. On ne discute pas avec ses partenaires à coup de canon. Entre le groupe de Genève et celui d’Astana, c’est aujourd’hui la Turquie qui est au centre du jeu. Elle a soutenu les frappes mais sans y participer. Cette position centrale est astucieuse. Elle complique notre soutien aux Kurdes. A la France de reprendre sa position traditionnelle, entre l’est et l’ouest, entre le nord et le sud.

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hdesuin@lincorret.org

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