Skip to content

Espagne : le cinglant revers catalan

Par

Publié le

21 décembre 2017

Partage

Espagne-Romée

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1513847687493{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Depuis la fin de l’été, le feuilleton catalan cadence l’actualité européenne. Mais son dénouement n’avait pas été imaginé par la plupart des commentateurs.

 

Les têtes indépendantistes sont incarcérées, libérées sous caution ou en exil. Engluée dans les recours judiciaires, la stratégie de la dramatisation, initiée par l’entourage de Carles Puygdemont, s’est lamentablement retournée contre ces derniers. Les élections régionales anticipées du 21 décembre s’apprêtent à éparpiller façon puzzle la coalition indépendantiste

 

Les souvenirs de la guerre civile

 

La pièce s’est jouée en plusieurs actes. Le premier a vu les principaux partis espagnols (PP et PSOE notamment) s’unir face à la fuite en avant indépendantiste. L’Espagne a fait corps dans un élan de cohésion assez inattendu dans la mesure où les autres partis autonomistes ont aussi désapprouvé la méthode Puygdemont. Au nom du droit et du respect des procédures démocratiques, l’opinion publique a ensuite manifesté son soutien dans la rue, encouragée par l’intervention décisive du roi Philippe VI de Bourbon. 

Acte 2, la coalition « Junts pel si » entre les gauchistes de la Candidature d’Unité populaire (CUP), déconnectés des responsabilités économiques, et les élus nationalistes libéraux du Parti démocratique européen de Catalogne (PDeCAT), inquiets devant la fuite des capitaux s’est désintégrée. Le 1er octobre, les militants n’ont pas réussi à masquer la parodie plébiscitaire : bourrages d’urnes, bureaux de vote opaques, taux de participation fantaisiste. Déjà en 2014, la consultation initiée par Artur Mas avait été une mascarade électorale. Bref, les indépendantistes ont préféré jouer la rue contre la légalité. Ils ont maladroitement réactivé les souvenirs de la guerre civile et agité les slogans républicains, ce qui a fini d’effrayer la partie modérée de l’opinion ; celle dont les intérêts sont de part et d’autre de la frontière. À l’image de la maire de Barcelone, Ada Colau, proche de Podemos. 

 

Lire aussi : Hommage à la Catalogne

 

Acte 3, « Junts pel si », qui faisait miroiter une indépendance relative, c’est-à-dire corsetée dans l’Union européenne, a cru obtenir de l’aide à Bruxelles.  Mais ses tentatives pour internationaliser la crise sont restées vaines ; comme si les régionalistes avaient naïvement découvert les rapports de force européens. Jean-Claude Juncker a soutenu sans état d’âme la légalité constitutionnelle espagnole, au diapason des principaux chefs d’État européens. Pour la Commission, les régionalismes étaient utiles dans la mesure où ils ont affaibli les États-nations dans les années 80 et 90. Mais les régionalismes se sont radicalisés et les États sont moribonds. Le soutien s’est donc arrêté. 

 

Un violent avertissement

 

Au fil des semaines, l’Espagne se lassait des coups de menton et des revirements de la Generalitat. Mariano Rajoy n’avait plus qu’à attendre que les Catalans franchissent le Rubicon. Une fois la déclaration d’indépendance proclamée, il a pu destituer les autorités et suspendre l’autonomie en vertu de l’article 155 de la Constitution. Et Puygdemont s’est enfui en Belgique. Ignoré par les institutions européennes, et dépassé par les événements, il y expliquait que l’indépendance n’était, tout bien réfléchi, pas la seule solution possible…

 

Lire aussi : Le premier meutre anti-espagnol depuis l’ETA

 

C’est ainsi que l’Espagne, forgée par les siècles et par les armes, a résisté mieux que prévu à la fragmentation communautaire. Mais la question identitaire en Espagne n’est pas réglée ; parce qu’un texte de loi ne suffit pas à nourrir un sentiment d’appartenance collectif. La défaite cinglante des indépendantistes catalans est un nouvel avertissement. Si les États-nations ne reconstituent pas un patrimoine commun au plus vite, alors, la prochaine fois, l’éclatement communautaire du continent risque d’être beaucoup plus violent

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest