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États-Unis : quatre ans de plus ?

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Comme 2008, 2012 et 2016 avant elle, l’année 2020 sera rythmée par les péripéties de la campagne présidentielle américaine. La France et l’Europe vivent déjà à l’heure de Washington, entre le feuilleton de l’impeachment en direct du Capitole et les tweets du Donald. Quoi de plus normal pour un vassal que d’attendre des nouvelles de son maître ? « Nous sommes tous devenus des Gallo-ricains », remarquait avec justesse Régis Debray. Les primaires démocrates jusqu’à l’été et puis l’apothéose du 3 novembre : chacun poussera son candidat.

 

 

 

Malgré la perpétuelle réédition du combat entre l’éléphant rouge républicain contre l’âne bleu démocrate, l’Amérique sait toujours conserver le suspens à coups de centaines de millions de dollars. Cerise sur le gâteau, un candidat indépendant peut toujours sortir du chapeau et jouer les arbitres. Donald Trump avait lui-même interprété ce rôle avant de se rallier à Ross Perot en 1992. Il avait fait tomber le président George H.W. Bush à la plus grande joie d’un inconnu de l’Arkansas : Bill Clinton.

Or, dans cette élection compliquée où seuls les grands électeurs des États fédérés votent, il s’agit surtout d’arriver en tête dans les quelques États-pivots de la Grande plaine et du sud. Quant aux Hispaniques et aux Noirs, ils n’auront pas d’autres motivations que de chasser Trump, comme en 2016.

Ce fut d’ailleurs la dernière fois qu’un président sortant n’a pas été réélu à la Maison-Blanche. Méfiance donc mais les challengers démocrates de Donald Trump ne font pas rêver. Joe Biden, presque octogénaire, fait office de candidat de rattrapage pour les nostalgiques des années Obama. Ses positions centristes le rapprochent du milliardaire Michael Bloomberg, novice politique mais vieille figure de l’establishment new-yorkais. Nettement plus à gauche, Elisabeth Warren et Bernie Sanders cherchent à ramener au bercail démocrate les minorités et les ouvriers. Si leur candidature était retenue, les probabilités d’une dissidence au centre se verraient multipliées. Bref, c’est pour le moment le scénario rêvé de Donald Trump, lequel peut allègrement caricaturer un adversaire « socialiste » et compter sur la dispersion du vote centriste. « Les démocrates-qui-ne-font-rien sont obsédés par une seule chose : nuire au parti républicain et au président […] La bonne nouvelle, c’est que NOUS ALLONS GAGNER ! ! ! ! » s’exclame le président sur Twitter. Or, dans cette élection compliquée où seuls les grands électeurs des États fédérés votent, il s’agit surtout d’arriver en tête dans les quelques États-pivots de la Grande plaine et du sud. Quant aux Hispaniques et aux Noirs, ils n’auront pas d’autres motivations que de chasser Trump, comme en 2016. C’est à la fois beaucoup et peu car Donald Trump peut faire valoir un très bon bilan économique. Et il reste le dernier bouclier de la vieille Amérique contre les déconstructivistes des campus et des grandes villes.

Une personnalité peut encore émerger au sein du parti démocrate avant le tournant des primaires en Floride le 17 mars. Mais, sans doute que beaucoup d’entre elles préfèrent déjà se préparer pour 2024. Dans quatre ans…

Dernier avantage pour Donald Trump, le feuilleton de l’impeachment dont on connaît d’ores et déjà l’issue : le rejet par le Sénat, à majorité républicain. Le piège se referme donc progressivement sur le camp démocrate. Prisonniers de candidatures peu attrayantes et clivantes, paralysés par leur posture politicienne au Congrès, les démocrates s’enferment dans le référendum anti-Trump tant espéré par ce dernier. Une personnalité peut encore émerger au sein du parti démocrate avant le tournant des primaires en Floride le 17 mars. Mais, sans doute que beaucoup d’entre elles préfèrent déjà se préparer pour 2024. Dans quatre ans…

 

 

Hadrien Desuin

 

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