Exclusif : Orban à Paris, « la lèpre populiste » entre à l’Elysée

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Venu à Paris pour les funérailles de Jacques Chirac le 30 septembre, Victor Orban est déjà de retour à Paris où il sera reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron vendredi à 14h.

 

 

C’est un déjeuner qui est apparu discrètement sur l’agenda en ligne du président. Et pourtant, il est lourd de signification. Après la Russie, il semble que les relations franco-hongroises soient aussi en cours de réchauffement. Eric Fournier, ambassadeur à Budapest rappelé précipitamment à Paris l’année dernière pour avoir osé appeler dans une note confidentielle à de telles « retrouvailles franco-hongroises », a donc été puni pour avoir eu raison trop tôt. Oui la France doit parler à la Hongrie sans l’insulter. Espérons qu’on trouve à cet ambassadeur clairvoyant un dernier poste à sa mesure.

« Que vous vous appelez Bardella, Le Pen, Salvini, ou Orban nous ferons tout pour que vous n’ayez jamais les politiques migratoires de notre pays. Vous n’êtes que des imposteurs! »

Faut-il rappeler les mots échangés pendant la campagne des européennes de mai dernier ? Victor Orban était alors accusé de dévoyer le projet européen par le président de la République en personne. Nathalie Loiseau, plus grandiloquente que jamais ironisait: « L’Europe, tu l’aimes ou tu la quittes » dans un clin d’œil malicieux à sa jeunesse militante à SciencesPo. Stéphane Séjourné, son directeur de campagne, dénonçait de son côté la future alliance entre François-Xavier Bellamy et les Hongrois du Fidesz au sein du PPE. Encore hier Stanislas Guerini, secrétaire général de LREM, lançait à l’Assemblée nationale: « Que vous vous appeliez Bardella, Le Pen, Salvini, ou Orban nous ferons tout pour que vous n’ayez jamais les politiques migratoires de notre pays. Vous n’êtes que des imposteurs! »

 

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Il va falloir maintenant mettre de l’eau dans son vin et oublier ces déclarations fort peu diplomatiques. D’après une source bien informée au Quai d’Orsay, tous les sujets seront sur la table, « de la CFP (Cadre financier pluriannuel, le budget de l’UE) jusqu’au climat ». Mais la discussion devrait rapidement tourner autour « de la réforme du droit d’asile et de la formation de la nouvelle commission. »

La candidate du président français est empêtrée dans un juteux conflit d’intérêt avec l’institut américain Berggruen, qui a financé la campagne d’Emmanuel Macron.

Le processus de nomination de Sylvie Goulard est très compliqué au parlement européen. Les Hongrois ont été, quant à eux, contraints de proposer un nouveau candidat. En représailles, ils poussent leur groupe parlementaire, majoritaire à Strasbourg, à bloquer la candidature de Sylvie Goulard. La candidate du président français est empêtrée dans un juteux conflit d’intérêt avec l’institut américain Berggruen, qui a financé la campagne d’Emmanuel Macron. Cette affaire embarrassante a poussé le député MoDem Jean-Louis Bourlanges à prendre ses distances avec sa collègue, plus de deux ans après que l’éphémère ministre des Armées ait démissionné pour se défendre d’accusation de détournement de fond public dans l’affaire des assistants parlementaires de son parti.

 

 

Quand on veut donner des leçons de démocratie à la Hongrie, il vaut mieux être propre sur soi. L’exfiltration de Sylvie Goulard sera peut-être aussi au menu des discussions franco-hongroises de vendredi.

 

Michel Chevillé

 

Reporter

mcheville@lincorrect.org

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