[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1510339698268{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
Il est aussi possible que nécessaire de redonner vie à l’immense étendue française qui a été négligée. En y promouvant le savoir-faire incontestable qui s’y trouve déjà et n’attend que sa libération.
On parle beaucoup de la France périphérique mais on agit peu pour elle. Pourtant, des réponses concrètes au déclassement de ces territoires existent.
Pour redynamiser le tissu économique local, on pourrait instaurer un dispositif d’exonération fiscale et sociale pour les entreprises nouvelles décidant de s’installer dans la France périphérique. À deux conditions toutefois : qu’elles incarnent par leur savoir-faire artisanal l’excellence française ou par leur histoire l’identité d’un territoire, et qu’elles consacrent une part de leurs activités à l’innovation. Un dispositif analogue à celui des Jeunes entreprises innovantes ( JEI) qui bénéficient déjà d’une exonération partielle ou totale de certaines charges sociales et fiscales, au cours des premières années suivant leur création, lorsque plus de 15 % de leurs dépenses s’effectuent en R&D.
Comment plaider une telle dérogation au principe de libre concurrence auprès de la Commission européenne ? En arguant d’abord que l’aide serait ponctuelle dans le temps et non pérenne, liée à une situation particulière. Et que centrée sur les entreprises incarnant l’excellence française ou l’identité d’un territoire, elle pourrait s’apparenter à une transposition du dispositif régissant la culture française (spectacle, cinéma, théâtre, etc.) Dans ce domaine, l’État peut s’affranchir du principe de libre concurrence au nom de l’exception culturelle française, afin de défendre notre culture. Après tout, les entreprises incarnant l’excellence française ou l’identité d’un territoire ne relèvent-elles pas aussi de notre culture ?
Les entreprises incarnant l’excellence française ou l’identité d’un territoire ne relèvent-elles pas aussi de notre culture ?
Le diable se nichant souvent dans les détails, il importe de pouvoir discerner si une entreprise se trouve dans un territoire qui relève de la France périphérique, pour bénéficier de ce dispositif. Sur ce point, je propose de s’en remettre à la classification minutieusement élaborée par Christophe Guilluy, en vertu de laquelle une commune se trouve située dans la France périphérique dès lors qu’elle n’appartient à aucune des vingt-cinq aires urbaines les plus peuplées de France ni ne bénéficie de son rayonnement immédiat. Ainsi, 2 640 communes se trouvent situées dans une aire urbaine alors que 34 014 autres relèvent de la France périphérique.
Il est aussi nécessaire de déterminer si une entreprise incarne l’excellence française ou l’identité d’un territoire. Sur ce point, il convient d’éviter un écueil principal : celui de confier ce pouvoir aux autorités publiques. En effet, si l’État procède lui-même à cette qualification, il est à craindre que l’arbitraire ou le clientélisme ne s’en trouve renforcés, débouchant sur toute sorte de marchandage ou de corruption. Je propose donc un critère simple : l’entreprise qui prétend incarner l’excellence française devra comporter en son sein un nombre suffisamment important de salariés issus d’une formation diplômante labellisée « excellence française » ou « savoir-faire lié à l’identité d’un territoire ». C’est ainsi la société civile qui permettrait à des entreprises de bénéficier de ce dispositif d’exonération fiscale et sociale.
Ce n’est pas en créant artificiellement des emplois aidés dans les structures publiques que l’on redynamisera ces territoires défavorisés. Ils doivent avant tout redevenir des lieux de création de biens et services d’excellence, par l’artisanat et l’entrepreneuriat, ce qui permettra d’en refaire des lieux de vie réelle. Il y a urgence car c’est la préservation de notre identité économique et culturelle qui est en jeu.
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





