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Ferenc Almássy : « Le gouvernement hongrois est lassé de l’UE »

Après le succès du sommet démographique organisé par Viktor Orbán, la Hongrie est de nouveau sous les feux de l’actualité européenne suite à ses déboires politiques avec Bruxelles. Le journaliste Ferenc Almássy, animateur du Visegrád Post, revient pour L’Incorrect sur cette situation complexe.

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© Discussion à Budapest entre Nicolas Bay (eurodéputé français RN), Jorge Buxadé (eurodéputé espagnol Vox) et Balázs Hidvéghi (eurodéputé hongrois Fidesz) / Visegrád Post

La commission LIBÉ du Parlement européen enquête actuellement en Hongrie. Que l'Union européenne reproche-t-elle à la politique du Premier ministre Viktor Orbán ?

Depuis le retour au pouvoir de Viktor Orbán en 2010, il y a régulièrement des tensions et des menaces de sanctions entre Budapest et Bruxelles. Une certaine gauche n’a jamais pu accepter que le Fidesz soit élu et réélu avec une majorité des deux tiers de l’Assemblée.

En l’espace d’une décennie, on a successivement reproché au gouvernement hongrois de mettre en œuvre une nouvelle Constitution (remplaçant celle de 1947 simplement amendée lors du changement de régime) ; de chercher à renouveler l’appareil judiciaire pour mettre à la retraite les juges qui avaient servi durant l’époque communiste ; de vouloir remettre en question « l’indépendance » du contrôle démocratique de la Banque centrale ; de défendre ses frontières face aux flux de migrants (alors que les Traités imposent à la Hongrie de protéger les frontières de l’espace Schengen) ; de donner de la place aux médias conservateurs ; de conserver des relations correctes avec la fédération de Russie (dans le même temps, le gouvernement hongrois offrait soins et vacances aux enfants ukrainiens et aux soldats ukrainiens blessés) ; de dénoncer l’influence des réseaux Soros en obligeant son université CEU à se conformer aux mêmes obligations que toutes les universités étrangères ; et enfin de s’accorder des pleins pouvoirs au début des événements covidiens, oubliant que bien d’autres gouvernements en ont fait autant. La dernière accusation porte sur une loi visant à interdire la propagande LGBT dans les écoles, décrite comme « loi contre les homosexuels » dans les médias occidentaux.

Lire aussi : Démographie : Viktor Orban mobilise le monde conservateur

En somme, la Hongrie serait devenue sous les mandatures de Viktor Orbán un régime connaissant une dérive autoritaire et réactionnaire, remettant en cause ce que l’on appelle l’État de droit. La grande majorité de la presse occidentale contribue depuis une décennie à créer cette image, en usant de méthodes qui font honte au journalisme : elle ne recherche qu’un sensationnalisme de caniveau et ne prend pas la peine de s’intéresser aux faits ou au contexte. Je n’ai pas de problèmes à concevoir que l’on soit en désaccord avec les politiques du gouvernement hongrois pour la renationalisation de l’économie, la défense des frontières ou la promotion du modèle familial traditionnel. J’avais passé un long moment avec le journaliste libéral Bernard Guetta – devenu eurodéputé LREM – qui a écrit un ouvrage certes peu favorable au gouvernement, mais qui avait au moins effectué une véritable enquête.

Les accusations ont abouti en septembre 2018 au vote du rapport Sargentini par le Parlement européen, qui a déclenché la procédure de l’article 7 du TUE. Ce rapport qui comptait environ 110 points d’accusation était un mélange de mensonges, de surinterprétations et de contradictions, avec quelques vérités. La perfection n’étant pas de ce monde, il y a bien évidemment des choses que l’on peut reprocher. Mais si la Hongrie mérite un tel traitement, que dire de la France ! Il y aurait aussi de quoi faire 50 « rapports Sargentini », entre le fonctionnement politisé du CSA pour réguler les médias, les modes de scrutin qui limitent la représentativité des assemblées d’élus ou encore les violences policières commises à l’encontre des Gilets jaunes. [...]

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