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Fin du groupe Ecologie-Démocratie-Solidarité à l’Assemblée

Jennifer de Temmerman quitte le groupe Ecologie-Démocratie-Solidarité. Faute d'avoir quinze élus, le groupe est dissous. Cette cabale menée par des anciens du MJS aura tenu dix-huit semaines. Analyse.

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© DR

La première fois que le nom de Jennifer de Temmerman a été écrit dans nos colonnes, c'était à l'occasion d'un article du dossier Lobby LGBT, volet politique. Le député LREM de la quinzième circonscription du nord, avait été cité avec plusieurs de ses collègues, pour avoir harcelé avec violence Agnès Thill dans les couloirs de l'Assemblée nationale, pour lui faire payer personnellement son opposition à l'extension de la PMA aux couples lesbiens. Dans cette liste de députés très progressistes, on trouvait Guillaume Chiche, Aurélien Tâché, Damien Adam, Thomas Mesnier, Olivier Faure, Marie-Pierre Rixain, Olivier Véran, Laetitia Avia, Anne-Christine Lang, Matthieu Orphelin, Éric Bothorel, Élise Fajgeles, Raphaël Gérard et Laurence Vanceunebrock, pour le noyau dur. « La République en marche, en termes d’intolérance, c’est le PS de 1991 en pire » témoigne Agnès Thill.

Partir en campagne de députation en 2022 sans parti, avec pour seul argument un bilan ultra sociétal, risque d'être extrêmement compliqué dans un contexte de crise sociale post-COVID

Parmi eux, se trouvent précisément plusieurs anciens du MJS. Le Mouvement des jeunes socialistes, « l'école du vice » selon les mots de François Mitterrand, est un centre de formation au machiavélisme opérationnel. Les « frondeurs » qui ont torpillé la fin du quinquennat Hollande et ruiné le parti en préparant l'échec critique de la présidentielle de 2017, étaient cornaqués par Benoît Hamon, qui a dirigé le mouvement et en était issu. Dès lors, peu d'observateurs ont été surpris lorsque la quinzaine de députés LREM à la pointe de la bataille pro-PMA a annoncé fonder son propre groupe : plusieurs d'entre eux issus de cette phalange, comme Guillaume Chiche ou Aurélien Taché (le député qui avait accepté de venir débattre à la Convention de la droite avant de se rétracter quelques jours avant). Le nom du groupe était Ecologie-Démocratie-Solidarité, et il rassemblait jusqu'à hier : Delphine Bagarry, Delphine Batho, Emilie Cariou, Annie Chapelier, Guillaume Chiche, Yolaine de Courson, Jennifer de Temmerman, Paula Fortezan Albane Gaillot, Hubert Julien-Laferière, Sébastien Nadot, Matthieu Orphelin, Aurélien Taché, Frédérique Tuffnell, et Cédric Villani. Soit exactement quinze députés, le nombre minimal de parlementaires nécessaires pour avoir un groupe, sésame indispensable à un travail législatif un tant soit peu concret. Dans ce groupe, on retrouve des profils variés : des politiciens expérimentés, des idéologues jusqu'au-boutistes, et des marionnettes, au premier rang desquelles Cédric Villani. Le génie en mathématiques consacré Médaille Fields en 2010, prise de guerre médiatique importante d'Emmanuel Macron en 2017, est encadré et conseillé par des anciens du PS qui l'ont embarqué dans une aventure désastreuse à la mairie de Paris, et dans ce groupe dissident désormais dissous.

Mais « un c'est rien, deux c'est un » disent nos anciens. Autrement dit, fonder un groupe avec à peine plus de quinze députés c'est prendre un risque exagérément élevé, à plus forte raison quand le PS n'est pas loin. Ce qui devait arriver arriva. Au bout d'à peine dix-huit semaines, Jennifer de Temmerman claque la porte, et les quatorze députés se retrouvent gros-Jean comme devant. Ce qui a provoqué son départ, est le fait que le groupe Ecologie-Démocratie-Solidarité se soit immédiatement, prioritairement voire exclusivement emparé de sujets sociétaux avec un angle d'attaque très offensif et extrêmement progressiste. Les principaux faits d'arme de ce groupe éphémère sont éloquents : interdire la publicité pour les objets polluants, les spectacles d’animaux non domestiques, la chasse à courre, le droit de vote dès 16 ans, un parrainage citoyen pour les réfugiés, et allonger les délais légaux d'avortement à quatorze semaines. Jennifer de Temmerman est courageuse, mais pas téméraire. Quitter ce groupe et déclencher sa fin comporte un prix politique à payer, mais c’est toujours moins cher en termes d’image que de voir s’agréger à elle toutes ces propositions de loi clivantes, voire manquant de sérieux. Elle rejoint le groupe Liberté et territoires, sorte de bataillon de marche créé par plusieurs députés sans parti mais ne désirant pas siéger comme non-inscrits, ce qui implique une quasi assignation à la figuration dans le processus législatif. Par exemple [...]

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