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Géopolitique des candidats

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Publié le

17 février 2022

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La course pour les élections présidentielles est déjà lancée et les thématiques de campagne paraissent bien installées: sécurité sanitaire et loi de l’emmerdement maximum pour Emmanuel Macron; «Liberté, j’écris ton nom» pour Marine Le Pen; grand remplacement pour Éric Zemmour; « Je vous assure que je suis bien de droite » pour Valérie Pécresse; et « Séparons-nous, faisons des groupes de un» pour la gauche, Mais qu’en est-il chez nos chers candidats et candidates, de la géopolitique et de la place de la France dans le monde ?
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Laissons de côté pour le moment notre président-Jupiter-pas-encore-déclaré-à-sa-succession, et commençons, une fois n’est pas coutume, par la gauche de la gauche avec le pro- gramme de Jean-Luc Mélenchon. Passé la VIe Constitution, la redistribution des richesses et la légalisation du cannabis, on tombe sur la planification écologique, dont les Outre-mer doivent devenir les « territoires pilotes », avant que ne soit enclenchée la « bifurcation écologique ». Logique. Après avoir planifié, il faut bifurquer, ça fait sens, pour mieux « sortir à la fois du nucléaire et des énergies fossiles. »

L’écologie a tellement le vent en poupe qu’on en finit plus de savoir qui va bifurquer le plus loin et virer le plus vert possible. Sous l’épaisse couche de crème pâtissière renouvelable, on trouve encore quelques morceaux de souverainisme de gauche dans la pièce montée mélenchonienne : relocaliser l’industrie, défendre le souverainisme économique, dire à l’UE qu’on peut désobéir « aux règles bloquantes à chaque fois que ce sera nécessaire », sortir de l’OTAN, mettre en valeur les espaces maritimes, investir dans la recherche publique, dans le domaine spatial et la révolution numérique (en citant même le défunt projet Cyclades de Louis Pouzin !)

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Chez Marine Le Pen non plus la géopolitique n’est pas oubliée. Les 144 propositions de 2017 faisaient déjà de la réindustrialisation l’un des axes de campagne. Quatre ans et une pandémie plus tard, tout le monde, de gauche à droite, s’est soudain redécouvert souverainiste. Il est intéressant de constater d’ailleurs que les priorités mises en avant par le RN rejoignent celle de LFI sur bien des points : réindustrialisation, investissement dans l’innovation, départ de l’OTAN et même un peu plus d’attention accordée à la transition énergétique car il faut bien être dans l’air du temps…

En revanche, hormis le fait de retirer le drapeau européen des bâtiments publics, Marine Le Pen nous laisse un peu dans le flou vis-à-vis de sa politique européenne. Le ministère de la Défense serait en tout cas choyé sous la présidence Le Pen : passage de 2 à 3 % du budget national, construction d’un second porte-avion : tout ça a de l’allure, de l’ambition. Un peu trop peut-être ? Passons à la boutique d’à-côté, chez Éric Zemmour. Chez Z, les choses sont simples et claires. Le programme d’Éric Zemmour s’intitule « Le Programme d’Éric Zemmour » et pas « propositions pour l’avenir » ou « fiches thématiques ». Que prévoit-il pour la France dans le monde ?

Tout ça on connaît mais : et la Chine ? La Russie ? Les États-Unis ? La défense ? Z n’en dit pas grand-chose dans son programme

Mettre en place une justice ferme, stopper les flux migratoires, soutenir les travailleurs et pas les fainéants, interdire les éoliennes et supprimer le permis à points et les limitations de vitesse pour pouvoir turbiner à 50 en agglo avec son SUV… Tout ça on connaît mais : et la Chine ? La Russie ? Les États-Unis ? La défense ? Z n’en dit pas grand-chose dans son programme.

En cherchant un peu, on trouve quelques constats alarmistes sur la perte de compétitivité des entreprises et un appel à réindustrialiser mais bon, en matière de géopolitique, on attendrait mieux du fils spirituel du Général. Il faut se rabattre sur les débats, les interventions vidéos et les discours pour retrouver les axes essentiels du néo-gaullisme à la Zemmour qui prévoit lui aussi de sortir de l’OTAN, d’en remontrer aux Ricains et de mettre l’UE au pas.

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Pour le reste, il faudra attendre un peu pour avoir plus de précision sur la politique à mener vis-à-vis de la Chine mais pour ce qui concerne l’Afrique en revanche, Éric Zemmour fait clairement savoir qu’il entend bien rompre avec la vieille politique de la Françafrique et des interventions tout azimuts. Et cela plaît visiblement aux Africains. C’est déjà cela. Plus qu’à conquérir le cœur des Français.

Terminons ce tour d’horizon par Valérie Pécresse. Son programme, sobrement intitulé « Mon projet », permet d’admirer une belle sérigraphie de la candidate, suivie d’une photo en gros plan, les yeux dans les yeux de l’électeur, comme disait Giscard en 1974. Du point de vue des propositions générales, le programme de Pécresse refait du Zemmour qui refait du Le Pen : stop à l’immigration, retour de l’ordre, privilégier les travailleurs, etc.

Pas sûr que Washington, Moscou ou Pékin veuillent recevoir Valérie Pécresse une fois par an « comme Angela Merkel »

Avec la ritournelle un peu plus appuyée sur la nécessité de détruire la bureaucratie et de dégraisser la fonction publique. Sur le plan géopolitique, Valérie Pécresse précise cependant les choses : restaurer le dialogue avec les États-Unis, établir un « dialogue stratégique de fermeté avec la Russie et la Chine » et faire un voyage à Washington, Moscou et Pékin une fois par an, « comme Angela Merkel ».

Pas sûr que Washington, Moscou ou Pékin veuillent recevoir Valérie Pécresse une fois par an « comme Angela Merkel ». Et dans ce cas, dans l’optique d’une rationalisation des dépenses publiques, il faudra viser plutôt l’Ibis Budget que le Hilton. Chers lecteurs, chères lectrices, nous continuerons dans les prochains numéros ce tour d’horizon de la géopolitique des candidats, soit en se concentrant sur ceux que nous avons juste évoqués ou tout simplement oubliés dans cet article, soit en leur demandant de répondre directement à nos questions.

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