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Éditorial monde de mars : Géopolitique en solde

Le numéro 51 est disponible depuis ce matin en kiosque, par abonnement, et à la demande sur notre site. Voici l'éditorial monde, par Laurent Gayard.

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© Valentin Deniau pour L'Incorrect
Les Jeux olympiques d’hiver ne portent pas chance à l’Ukraine. Elle n’y remporte déjà pas beaucoup de médailles et en plus son puissant voisin russe commence à prendre la mauvaise l’habitude de lui subtiliser un bout de territoire à chaque édition. En février 2014, à l’occasion des JO de Sotchi, les forces spéciales russes avaient ajouté une nouvelle épreuve à la compétition: traversée en zodiaque de la Mer noire, course au drapeau et annexion de la Crimée. « Krim Nach » – « la Crimée est à nous » – proclamaient alors les Russes pour enterrer les accords de 1997 et célébrer le retour au bercail de la petite péninsule considérée comme le berceau historique de la Sainte Russie. En février 2022, alors que l’est de l’Ukraine est toujours déchiré par la guerre qui a fait treize mille morts depuis huit ans entre indépendantistes prorusses et forces gouvernementales, Moscou vient de déclencher une invasion de grande envergure de l'Ukraine, à partir du territoire de la Russie, de la Biélorussie et de la Crimée, en dépit de toutes les assurances goguenardes de tous les demi-habiles qui martelaient à l'envi depuis des semaines que tout ceci n'était bien sûr qu'une partie de poker menteur organisée par l'Amérique honnie. Les événements des derniers mois montrent que la Russie est entrée dans une nouvelle phase de reconquête de son ancienne zone d’influence. Au cours des mois de janvier et février 2022, une révolte contre le pouvoir autoritaire de Kassym-Jomart Tokaïev au Kazakhstan, a déclenché l’intervention des forces russes sous l’égide de l’Organisation du traité de sécurité collective qui regroupe l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Une première dans la région qui pourrait faire penser à un Printemps de Prague centrasiatique. Vladimir Poutine réactualise en quelque sorte la doctrine Brejnev, tout en pratiquant avec succès le « hit and run »: frapper vite et fort, ramener l’ordre et repartir, les Géorgiens en avaient déjà fait la douloureuse expérience lors de la guerre éclair de 2008. De surcroît, les Russes semblent aussi s’être mis d’accord avec les Chinois pour se partager les zones d’influence. La déclaration conjointe de Xi Xinping et de Vladimir Poutine, début février et l’annonce d’un accord historique sur les livraisons de gaz à la Chine par la Russie marquent le début d’une nouvelle ère géopolitique. Les Chinois observent d’ailleurs sans doute avec intérêt ce qui se passe en Ukraine – et qui pourrait les inspirer pour Taïwan. [...]
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