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Gladden Pappin : « Ceux qui ont largement voté Biden sont les consommateurs idéaux du « woke » capital »

Gladden Pappin enseigne la science politique à l'université de Dallas, au Texas. Il est membre du De Nicola Center for Ethics and Culture, qui promeut la tradition morale et intellectuelle catholique. Il nous livre son analyse sur une élection particulièrement difficile à suivre depuis l'Europe en raison de la partialité des journalistes progressistes.

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© Université de Dallas - montage Louis Lecomte pour L'Incorrect

Par quel moyen avez-vous voté ?

Question importante ! Je suis allé voter en personne dans un bureau de vote.

Que pensez-vous de l’organisation du vote aux États-Unis ?

Les États-Unis sont une mosaïque de différents modes de scrutins. Tous les quatre ans, le problème de ce système devient de plus en plus évident. Je pense que pour vous qui nous regardez d’Europe, cette désorganisation apparente doit être très surprenante. Mais nous sommes un État fédéral, donc chaque État peut choisir son propre moyen. Ce système suffit déjà à créer des incertitudes mais n’a normalement pas de conséquences sur le résultat final. Mais cette année, avec le coronavirus et les restrictions en place, beaucoup d’États ont élargi très largement les votes par correspondance. Voilà le problème.

Il est très surprenant pour nous Français que vous puissiez dans certains États voter sans présenter de carte d’identité.

Oui, c’est le cas dans certains États. La raison est que, avant les années 1960, il y avait des éléments qui favorisaient les discriminations raciales lors des votes (versement de taxe, test d’alphabétisation, etc) et qui étaient donc préjudiciables pour les Noirs, alors qu’ils avaient gagné le droit de vote. Vous pouvez trouver sur un internet la liste des États où l’on peut voter sans carte d’identité. J’ai vécu pendant plusieurs années dans le Massachusetts, où c’était possible : vous allez au bureau de vote, vous donnez votre nom et ils le cochent sur une liste sans vérifications. C’est assez incroyable ! Mais il faut bien garder à l’esprit que ça n’est pas un débat rationnel, et qu’il est chargé du poids de l’Histoire.

Vous pouvez trouver sur un internet la liste des États où l’on peut voter sans carte d’identité. J’ai vécu pendant plusieurs années dans le Massachusetts, où c’était possible : vous allez au bureau de vote, vous donnez votre nom et ils le cochent sur une liste sans vérifications. C’est assez incroyable !

Quelle est l’ambiance entre les supporters de Trump et de Biden, au sein d’une même famille par exemple ? Est-ce aussi violent que sur les réseaux sociaux ?

Dans certains cas, oui bien que ça ne soit pas aussi violent que sur internet. Vous avez des familles où les gens ne parlent pas de leurs désaccords politiques ou ont appris à vivre avec. Ce que vous voyez sur les réseaux sociaux, c’est que de jeunes étudiants venus de la gauche ont développé une telle détestation pour Trump qu’ils en politisent leurs relations familiales. Une chose que la gauche a fait ici ces derniers temps, c’est d'absolument tout politiser. Vous voyez ça dans le sport avec la politisation du football américain et du basketball : ce qui se passe dans certaines familles est assez comparable. Le stéréotype – même s’il n’y a pas qu’elle – c’est vraiment la jeune étudiante blanche très radicale qui ramène sa haine à la maison pour la répandre ou la diriger vers son père, son l’oncle, ses grands-parents. Il y a énormément de tensions de ce type en ce moment.

Cette élection se démarque des autres par le retour de la violence physique. Est-ce le premier signe d’un futur affrontement violent, comme lors de la guerre de sécession ?

C’est une bonne question. Je ne pense pas qu’une guerre civile va éclater. Mais je pense vraiment que l’augmentation de toutes ces violences circonstanciées va se poursuivre, sans pour autant atteindre le niveau d’une guerre civile, notamment parce qu'il y a aussi une différence de paradigme entre la gauche et la droite. À droite, vous avez beaucoup de possesseurs d’armes, mais les conservateurs n’organisent rien dans les rues. À l’inverse de la gauche, qui possède peu d'armes mais organise des émeutes violentes. Les médias ont feint de l’oublier ou ont menti à ce propos, en faisant croire que la violence venant de la droite était la plus probable. En réalité, la plupart des violences aux États-Unis viennent de l’extrême-gauche, des antifas et des black blocs, comme vous dites, dans des villes démocrates. Je pense que la droite est plutôt sur la défensive : si vous êtes un père de famille avec des enfants, vous possédez une arme pour vous défendre si nécessaire, mais vous n’organisez rien dans les rues. Peut-être y a-t-il des groupes de jeunes radicaux de droite, mais pas plus. Il est surtout important que les lois soient respectées, et que le résultat des élections soit déterminé d’après, même si certaines lois peuvent sembler mauvaises, comme le vote par correspondance.

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