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Guerres d’influence : comment nous sommes manipulés par la Russie

Donbass, russophobie, Otan, néo-nazis, guerre bactériologique, laboratoires d’armes chimiques, propagande, contre-propagande, photographies et vidéos de bombardements, agents médiatiques, NordStream 2: il semble presque impossible de dresser une liste exhaustive des polémiques qui sont nées du déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par la Russie à la fin du mois de février de cette année.

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Une chose est certaine : le « brouillard de guerre » nous fait parfois perdre de vue l’essentiel. Posons donc le problème simplement: qui a déclenché l’invasion? Est-ce l’Otan, l’Union européenne, l’Ukraine ou la Russie ? Pour quiconque d’honnête, la réponse coule de source. La Russie a envahi sa voisine pour des raisons nombreuses, mais surtout pour asseoir son autorité sur un régime honni et une nation qui n’aurait pas le droit d’exister hors du giron russe. Pour justifier l’injustifiable, la Russie a donc employé les grands moyens, tissant une contre-histoire révisant l’histoire qui se déroule sous nos yeux : l’invasion a été présentée comme une « opération spéciale » à but humanitaire, dont le motif principal serait d’empêcher le génocide des populations russophones d’Ukraine par un régime nazi.

L’influence russe sur notre vie politico-économique, si elle s’exprime différemment de celle des États-Unis, est une réalité largement aussi redoutable que son envers. Souvent parodie kitsch des prétentions américaines, jusqu’à l’antifascisme de bas étage et au discours millénariste, cette fois-ci orthodoxe plutôt qu’évangéliste, le discours du Kremlin s’adapte en fonction de ses interlocuteurs. Face à l’extrême gauche, aux nationalismes arabes ou aux Africains, le Kremlin emploie volontiers le discours internationaliste cher à l’URSS, se présentant en puissance émancipatrice et libératrice. En revanche, la Russie se fait conservatrice, voire identitaire et protectrice du véritable Occident mis en danger par les mœurs décadentes de l’impérialisme américain, quand il s’agit de convaincre les droites européennes du bien-fondé de sa démarche.

Ce double-discours savamment rodé était observable sur la chaîne RT, qui a officié pendant plus de quatre ans dans le registre – plutôt réussi formellement – du « riot porn ». La ligne éditoriale de ce média était, du moins dans ses journaux, de montrer que la France était au bord du précipice en filmant et en interrogeant les « anti-systèmes » de tous les bords. De la même manière qu’AJ+, média qatari, trouve le moyen d’expliquer que la France et les Européens sont foncièrement racistes, ou que la subtile propagande américaine nous « éveille » au « progressisme » en niant la réalité, la propagande russe s’attache à diminuer, ridiculiser et salir notre pays en appuyant aux endroits les plus vulnérables. On peut d’ailleurs constater que les chaînes telegram mobilisées contre le vaccin, ainsi que plusieurs leaders de ce mouvement, ont immédiatement basculé dans l’effort de guerre de Poutine. [...]

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