Harvey Weinstein est-il un porc-émissaire ?

 

Harvey Weinstein n’est ni le premier, ni le dernier des satyres qui séviront à Hollywood. Et les femmes ne seront pas les seules à en faire encore les frais. Elijah Wood et Corey Feldman ont déjà dénoncé les ignominies commises par de nombreux pédophiles, sans que pour autant la situation évolue. En effet, de nombreux actes ont été nommés, mais fort peu de coupables.

 

Parce que par définition, les libidineux et les libidineuses, hétérosexuels ou homosexuels, qui sévissent dans ces hautes sphères se soutiennent mutuellement et savent faire régner la terreur parmi leurs victimes. Le pire est sans doute que certains d’entre eux ne pensent même pas être coupables de quoi que ce soit.

Ils se comportent tout simplement comme si le monde était une vaste maison close de troisième rang. Et ce sont très souvent des personnalités narcissiques, particulièrement habiles dans l’art de cacher la corruption de leur cœur et la misère de leur âme derrière les nouveaux masques de Tartuffe : la religion du progressisme, de « l’émancipation » sexuelle et de la promotion des minorités. Mais n’allez pas dédouaner le camp conservateur pour autant. Soyez sûrs que dès qu’un drap est blanc, il existe un porc pour se vautrer dedans.

 

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Harvey Weinstein est un « porc-émissaire » qui payera peut-être pour tous les autres. Bien sûr qu’il mérite d’être jugé. Mais son procès permettra-t-il de fermer la porcherie ? Difficile de le croire. Harvey Weinstein est pratiquement le seul coupable d’envergure qu’on accuse aujourd’hui, tandis que sur Twitter on chasse du menu fretin. Évidemment, on serait très heureux de faire fermer boutique aux pitoyables exhibitionnistes qui se montrent dans le métropolitain. Mais les mille porcs qui tiennent le monde, seront-ils inquiétés ? On peut en douter.

Harvey Weinstein est un « porc-émissaire » qui payera peut-être pour tous les autres. Mais son procès permettra-t-il de fermer la porcherie ?

Pourquoi ? Parce que l’idéologie fondamentale de notre époque nous enseigne tous les jours, pour reprendre le titre d’un célèbre pamphlet, à « vivre et penser comme des porcs ». Chassez-en un, il en viendra mille autres pour le remplacer. La nature humaine est elle-même encline à la perversion. Mais c’est surtout notre culture qui l’encourage. Notre époque chérit l’indignité avec un puritanisme qui ferait frémir Sacher Masoch. Notre culture est tout bonnement pornographique

Et le cinéma n’est pas en reste. N’est-ce pas Louis Buñuel qui disait, comme si la trouvaille méritait une médaille, qu’un bon cinéaste doit chaque jour « tuer son père, violer sa mère et trahir sa patrie » ? L’homme a fait des émules, c’est le moins qu’on puisse dire. Pablo Picasso était déjà une crapule en son temps et en son art, et on en a fait un saint de la modernité (la lecture de son effarante biographie achèvera de convaincre le lecteur). Et l’évolution de ses œuvres témoignait pourtant de quelque chose de vicié.

 

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La minorité nihiliste qui gouverne (en partie) notre culture, sans que nous le percevions, sème le mal qu’elle prétend combattre. Et nous finissons presque tous par en devenir quelque peu complices. Le monde contemporain apparaît souvent comme une machine à transformer les hommes en porcs et les femmes en truies. Machine qu’heureusement l’inactivité des gens de bien parvient miraculeusement à freiner. De temps en temps en tout cas. Enfin parfois. Du moins peut-être. Enfin, on l’espère.

 

Écrivain

yriex@lincorrect.org

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