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Le Haut-Karabagh est une république autoproclamée de Transcaucasie. Peuplé à 80 % d’Arméniens et totalisant près de 150 000 habitants, il a déclaré son indépendance de l’Azerbaïdjan le 2 septembre 1991. Il n’est, pour l’instant, reconnu par aucun État.
Pour se rendre au HautKarabagh, il faut d’abord rejoindre la gare routière locale d’Erevan, située en dehors du centre-ville. Quelques bâtiments résidentiels d’époque soviétique enceR.C. Lensent la station. Aucun touriste ne s’y trouve, ni occidental, ni russe. En sortant de la ville, on croise quelques casinos ou hôtels démesurés, au goût plutôt kitsch. Puis, on traverse la ville de Sevan – en bordure du gigantesque lac du même nom, d’une superficie de 1 400 km2 –, moderne et bien entretenue. Sur le chemin, la nature change d’aspect et alternant plaines, steppes et étendues d’eau. En s’éloignant du lac et après avoir passé la ville de Vardenis, le paysage devient sombre et montagneux, entrecoupé de routes grises en gravier qui donnent sur la porte haute permettant d’accéder au Haut-Karabagh.
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Pendant la période soviétique, cette terre historiquement arménienne était intégrée à la république socialiste soviétique d’Azerbaïdjan en tant qu’oblast autonome du Haut-Karabagh appelé en russe Nagorno Karabagh, nagorno signifiant « haut » ou « montagneux », et Karabagh provenant de deux termes turc et persan signifiant « jardin noir ». Ni l’Arménie, ni l’Azerbaïdjan n’utilisent aujourd’hui cette dénomination, les Arméniens préfèrant utiliser le nom Artsakh, du nom de la république autonome qui gouverne ce territoire depuis 1991. Les rivalités entre Arméniens et Azéris dans la région sont anciennes. Déjà, en 1905, la Russie était intervenue à Bakou, aujourd’hui capitale de l’Azerbaïdjan, pour réprimer les violences entre les deux ethnies. L’URSS décida ensuite, sur proposition de Staline, en 1921, de rattacher le Haut-Karabagh à la République Socialiste d’Azerbaïdjan au détriment des Arméniens. Les Azéris entreprennent alors une politique de peuplement des environs. Pendant l’ère soviétique, les confrontations sont latentes. En 1963, à la suite d’une manifestation à Stepanakert pour demander l’annexion de l’Artsakh à la République Socialiste d’Arménie, une vingtaine de manifestants trouvent la mort dans de violents combats. À l’approche de la dislocation de l’URSS, les tensions ethniques renaissent et débouchent sur une guerre civile qui, entre 1988 et 1994, cause la mort plusieurs milliers de victimes. La plupart des Azéris quittent alors le territoire pour se réfugier en Azerbaïdjan tandis que la communauté arménienne de Bakou (près de 200 000 personnes), émigre vers la Russie ou l’Arménie.
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À l’issue du conflit, le Haut-Karabagh devient une république indépendante dont la langue officielle est l’arménien et le drapeau national un rappel de celui de l’Arménie. Depuis l’accord de cessez-le-feu signé le 5 mai 1994 à Biškek (Tadjikistan) sous l’égide du Groupe de Minsk (13 pays dont les États-Unis, la France et la Russie), les escarmouches entre belligérants le long de la frontière n’ont jamais cessé mais ont baissé en intensité. En avril 2016, le spectre de la guerre est cependant réapparu cruellement à la suite d’incidents assez inquiétants. Les Azéris ne cessent, en effet, de réclamer la restitution de leurs terres et tentent une incursion militaire à cette fin. Après un premier succès s’expliquant par l’effet de surprise, ils sont finalement contraints de battre en retraite. Quatre jours plus tard, un nouveau cessez-lefeu est approuvé par les deux parties, ce qui n’empêche malheureusement pas les tireurs isolés de continuer à sévir dans les montagnes du jardin noir.
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