Henri Guaino : Dernières nouvelles de l’occident (1/2)

© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Dans Ils veulent tuer l’Occident (Odile Jacob), l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy estime que la civilisation occidentale est en péril de mort, sous les coups conjugués du nihilisme de la pensée de mai 68 et de la dérive folle du capitalisme. C’est sur ce refus de la transcendance spirituelle que prend racine un islam de plus en plus identitaire. Première partie. Avec ce nouveau livre, Ils veulent tuer l’occident, quel message voulez-vous faire passer à vos lecteurs ? Etes-vous devenu occidentaliste, au sens que lui donne Hubert Védrine, voulez-vous englober l’Europe et l’Amérique dans une nouvelle croisade pour défendre notre civilisation ? De Gaulle disait « la France est en Europe, par conséquent, étant Français, je suis européen » : la France est en Europe et en Occident, par conséquent, étant Français, je suis Européen et occidental. L’Occident est avant tout une question de civilisation et l’on peut, comme de Gaulle, contester les tentations hégémoniques des Etats-Unis et faire preuve d’une solidarité sans faille quand l’Occident, sa civilisation, ses valeurs sont menacés. Car il y a un socle de valeurs, un héritage culturel communs entre tous les peuples occidentaux. La civilisation occidentale a certes plusieurs branches, mais elles ont poussé sur un même tronc avec les mêmes racines : l’Europe, l’Amérique du nord, l’Amérique latine, mais aussi dans une large mesure le monde slave, la Russie partagée entre slavophilisme et occidentalisme… On est en train de couper le tronc et c’est d’abord l’œuvre des Occidentaux eux-mêmes. Toutes les sociétés occidentales éprouvent un profond malaise et ce malaise est un malaise dans la civilisation. La plus grave menace auquel nous expose ce malaise est le retour des instincts les plus sauvages qui reviennent toujours quand la civilisation devient trop faible pour les contenir. Qui veut tuer l’Occident alors ? Le mot civilisation reprend sa place dans le débat intellectuel et politique alors qu’il était devenu presque infamant, comme si la défense de la civilisation était la marque de l’extrême droite ou du fascisme. Il est temps : la civilisation occidentale peut mourir. Il me semble que l’on sous-estime ce à quoi nous conduirait la mort de l’Occident en tant que civilisation, comme l’on sous-estime le fait qu’elle s’autodétruit plus qu’elle n’est menacée par les puissances émergentes ou par l’islamisme radical, car la question est tout de même de savoir si nous avons encore quelque chose à défendre. Y a-t-il une date, selon vous, où l’Occident a commencé à basculer ? 1968 ? 1968, c’est en tout cas une date charnière. Montent alors sur les barricades pas seulement ceux qui quitteront les grandes villes pour aller élever de moutons sur le Larzac mais aussi, en plus grand nombre, les futurs bobos nombrilistes qui n’ont rien à faire de la question sociale, et surtout tous ceux qui vont occuper dans la société pendant des décennies les postes de responsabilité. Et leur slogan – « il est interdit d’interdire » – résume leur philosophie dans tous les domaines, pas seulement dans celui des mœurs mais aussi dans l’éducation, l’économie, la finance…Et finalement le libertarisme économique qui regarde l’économie et la finance comme amorales, c’est à dire en dehors de toute morale, va engendrer le basculement des années 80-90. Ils criaient aussi « CRS=SS », sans doute leurs parents ne leur avaient-ils pas bien expliqué ce (...) Lisez la suite dans le prochain numéro de l'incorrect, disponible en kiosque et par abonnement!
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