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Hidalgo rattrapée par le réel

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Publié le

9 novembre 2017

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Souvenez-vous de 2001. Vingt ans après l’avènement de François Mitterrand, le Parti socialiste décrochait la mairie de Paris.

 

Comme au soir du « 10 mai », quand Jack Lang avait dit que la France était passée « de l’ombre à la lumière », Jean-Paul Huchon assenait alors que les Parisiens aspiraient à la Movida, du nom de la libération culturelle espagnole qui succéda au franquisme. Encore animée par des leaders soixante-huitards, la gauche qui remporta les élections fut une gauche festive, cultureuse, droit-de-l’hommiste et sans réel problème d’argent. Une sorte de gauche caviar convertie au tofu, qui avait incontestablement mieux compris les Parisiens que cette droite trop conformiste, moins inventive et trop divisée.

 

La mairie paie le prix de son immobilisme et de ses concessions idéologiques

 

Trois ans après son élection et quinze après, Anne Hidalgo semble pourtant connaître la fin de ce cycle davantage dédié aux loisirs (Nuit blanche, Paris-Plage, Vélib…), affrontant désormais des critiques sur des enjeux qu’elle a jusqu’ici négligés, à l’instar de son prédécesseur.

Sur la propreté, la mairie paie le prix de son immobilisme et de ses concessions idéologiques. Ainsi il aura fallu attendre la mi-mandat pour que la Ville procède au recrutement de 100 agents supplémentaires et lance une modernisation des véhicules de nettoyage. La réduction de la place de la voiture dans l’espace public et l’augmentation des flux touristiques n’ayant pas été anticipés, la municipalité se retrouve aujourd’hui à traiter des problèmes qu’on croyait largement derrière nous, comme la prolifération des rats. Cette question est d’ailleurs emblématique de l’attitude de la gauche parisienne : versant dans l’angélisme et laissant faire, la mairie de Paris a reculé devant les lobbies hostiles à la dératisation, qui considèrent le rat comme un membre à part entière de l’écosystème des villes. In fine, il a fallu fermer au printemps dernier près de 180 espaces verts aux Parisiens tant les rats s’y sentaient bien.

Trois ans après son élection, Anne Hidalgo semble pourtant connaître la fin de ce cycle davantage dédié aux loisirs affrontant désormais des critiques sur des enjeux qu’elle a jusqu’ici négligés

Les inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris ne sont, eux, pas toujours pas équipés d’armes de défense et tellement éprouvés que près de 10  % d’entre eux faisaient grève et manifestaient au pied de l’Hôtel de Ville au printemps 2017.

L’installation de nouvelles caméras suscite un tel drame au sein de la majorité municipale que leur déploiement est homéopathique, la capitale arrivant loin derrière Londres, Nice, Strasbourg et Lyon. Face à la baisse des effectifs parisiens de la Préfecture de Police, la mairie de Paris est tout simplement muette face à l’État, se félicitant même de l’abrogation de l’arrêté anti-mendicité pris contre les mafias roms sous Nicolas Sarkozy.

 

Paris a rarement semblé aussi proche du burn-out

 

En matière d’habitat, alors qu’on compte 130 000 demandeurs de logement (avec en moyenne 7 ans d’attente), la mairie poursuit une politique inéquitable et d’un autre âge : opacité des attributions, absence de points d’étape sur l’évolution des revenus des locataires, gestion locative défaillante (insalubrité, insécurité) et enfin, constitution de ghettos, tantôt de pauvres et tantôt de classes moyennes favorisées. La maire de Paris fait du Chirac, bétonnant une clientèle de votants savamment dosée.

Enfin, sur les transports, Paris a rarement semblé aussi proche du burn-out. Confondant guerre à la pollution et guerre à l’automobile, la mairie de Paris paralyse les grands axes (fermeture des voies express, pistes cyclables sur les quais bas, installation de couloirs de bus, multiplication des doubles sens…), alors qu’elle pourrait à l’inverse piétonniser certains quartiers du centre. Dans le même temps, Mme Hidalgo est totalement absente sur les transports publics, attribuant cette responsabilité à la région Île-de-France alors même que la Ville siège au Syndicat des transports franciliens et dispose de moyens de pression uniques face à l’État.

L’abandon des missions communales les plus élémentaires atteint un niveau tel que la Ville de Paris a été condamnée par la Justice en mai 2016 pour avoir manqué à ses obligations d’entretien de la voirie, à la suite de la plainte d’une association de quartier.

Et si à Paris, après seize ans de fête bien-pensante et de dé- croissance imposée, le temps des libertés individuelles et de la performance publique était venu  ? À droite aussi, le rêve est permis.

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