Un titre savoureux, une préface de Rémi Brague, Les Illusions dangereuses ont de quoi séduire. Plus qu’un précis d’analyse des idéologies nouvelles, cet essai place le combat intellectuel auquel notre époque fait face sur le plan métaphysique et spirituel. Mélangeant les tons critiques et apologétiques, Jean-Philippe Trottier, philosophe et journaliste, dresse une synthèse sans équivoque des idéologies LGBT+, woke, et de tous les avatars de la cancel culture. Plutôt que de les reléguer au rang de simples délires irrationnels et démagogiques, l’auteur les prend au sérieux et présente ces mouvements comme les héritiers d’un rationalisme désincarné et d’un essentialisme libertaire.
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La cancel culture se fonde sur une logique réductrice de la nature de l’homme, logique qui voile la finalité et la vérité. Ainsi, les partisans de ces nouvelles idolâtries se définissent par rapport à leur orientation sexuelle, à leur appartenance ethnique ou à leur organe génital, qu’ils élèvent en absolu. Cette idolâtrie de leur être réduit mais porté au firmament masque le caractère sacré et divin de leur existence profonde. La modernité ayant plongé une masse non-négligeable de nos contemporains dans ces illusions, Trottier propose le double remède de la tradition et, élément surprenant et vivifiant, de l’humour – pour opposer au fardeau des idolâtries victimaires une légèreté pleine de grâce et de charme.

Artège, 224 p., 17,90 €





