Romain, élevé chez les Pères et docteur en philosophie du droit, Giorgio Locchi se tourne vers le journalisme et devient en 1957 correspondant du quotidien conservateur italien Il Tempo à Paris. Après la fin de la guerre d’Algérie, il fréquente l’équipe de la revue Europe Action puis le G.R.E.C.E. d’Alain de Benoist et Nouvelle École à laquelle il collabore jusqu’en 1979. C’est à lui que l’on doit l’intérêt pour la Révolution conservatrice allemande en France. Il prend dès le début des années 1980 ses distances avec la politique qui passionnait alors ses amis de la ND. En 1982, il fait paraître en Italie son Wagner, Nietzsche et le
mythe surhumaniste, que l’on publie enfin dans sa traduction française.
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Passionné de musique allemande et adepte de la musique tonale se déployant de Jean-Sébastien Bach à Richard Wagner, Giorgio Locchi emploie le terme mythe dans son acception la plus neutre, celle qui annonce la naissance d’un imaginaire. Selon lui, Nietzsche traduit philosophiquement cette tradition musicale proprement européenne échappant au fil du temps pour exprimer un éternel retour aux fins de rompre avec l’égalitarisme chrétien. Malgré la rupture survenue entre Wagner et Nietzsche, Locchi souligne que leurs œuvres communient dans le même « nihilisme positif » qui romprait avec le « nihilisme négatif » d’origine chrétienne. Un « nihilisme positif » qui serait le ressort profond d’une Révolution conservatrice qui s’incarnerait aussi bien dans la pensée de D’Annunzio que dans celle de Maurras, dans les livres de Jünger comme dans l’œuvre d’Heidegger.
Pour ses lecteurs les plus enthousiastes (au premier rang desquels on trouvait Guillaume Faye, promoteur de l’« archéo-futurisme »), Giorgio Locchi serait l’auteur d’une œuvre centrale pour qui voudrait penser aujourd’hui la nouvelle renaissance européenne qu’ils appellent de leurs vœux. Outre cet exposé d’une vision du monde « surhumaniste » portée par le romantisme allemand, Locchi a publié en français dans les années 1970 une série d’articles essentiels à la compréhension de son courant de pensée, réunis aujourd’hui en un volume sous le titre Définitions. Ils contribuent toujours à nourrir les promoteurs d’une vision identitaire européenne en large partie rétive au legs du christianisme.

La Nouvelle Librairie, 296 p., 18€

La Nouvelle Librairie, 324 p., 19,20€





