Skip to content

Info L’Incorrect : L’ambassadeur de France en Espagne en difficulté à Madrid

Par

Publié le

26 juin 2020

Partage

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1593162029534{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Nommé en avril 2019 ambassadeur de la République française auprès du Royaume d’Espagne en remplacement d’Yves Saint-Geours, Jean-Michel Casa est au coeur d’une tourmente politico-médiatique.

 

Le porte-parole adjoint de la formation de droite nationale Vox au Congrès des députés (chambre basse des Cortes Generales, le Parlement espagnol), Ignacio Garriga, a exigé ce 24 juin que Jean-Michel Casa rectifie ses propos concernant la politique intérieure espagnole. Il a même demandé la destitution de l’ambassadeur au cas où il ne reviendrait pas sur ses déclarations. Quatre eurodéputés de la formation (Jorge Buxadé, Hermann Tertsch, Mazaly Aguilar et Margarita de la Pisa) ont eux aussi envoyé une missive au diplomate en lui demandant qu’il retire ce qu’il avait affirmé au micro de la Cadena SER (l’une des principales stations radio du pays).

 

Lire aussi : Damas, ton univers impitoyable

 

Qu’est-ce qui a bien pu provoquer de telles réactions ? Jean-Michel Casa a confié ses impressions sur les tensions politiques qui traversent actuellement notre voisin ibérique et a validé le déconfinement complet de sa population après de longues semaines passées à tenter de lutter contre l’épidémie de coronavirus venue de Chine.
Pourtant, la gestion sanitaire du pays par le gouvernement de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol, PSOE) et Pablo Iglesias (Unidas Podemos, UP, gauche « radicale ») est pour le moins critiquable, pour ne pas dire désastreuse. Avec plus de 28 300 décès imputables à la maladie, l’Espagne compte environ 60 décès pour 100 000 habitants, soit l’un des pires résultats au monde en termes relatifs (derrière la Belgique et le Royaume-Uni). De plus, l’opposition assure que l’État espagnol a maquillé les chiffres et n’a pas compté 13 000 morts au bas mot, ce qui affolait encore les compteurs.

Les condamnations n’ont donc cessé de fuser de part et d’autre depuis des semaines, notamment en provenance des rangs de Vox et du Parti populaire (PP, droite démocrate-chrétienne). Quant à l’exécutif, il exige encore une « union sacrée » autour de lui, notamment pour faire face aux dégâts économiques induits par l’arrêt de nombreuses activités dans toute l’Espagne. De fait, Pedro Sánchez et Pablo Iglesias ne sont pas les derniers à jeter de l’huile sur le feu, affirmant que leurs adversaires manquent de loyauté et que leur attitude est responsable des problèmes du pays.
Au-delà de la santé publique, ce sont aussi les dispositions contenues dans les décrets de quarantaine successifs que certains remettent en cause. Vox, par exemple, y voit une limitation des libertés qui n’a plus lieu d’être avec le passage du temps.

 

Au sein du parti VOX, beaucoup pensent que Casa s’est exprimé en termes idéologiques. Cela ressemble à une accusation voilée contre Emmanuel Macron, dont on sait que Santiago Abascal et les siens ne le portent pas dans leur cœur. De quoi remettre en cause, selon les eurodéputés espagnols du mouvement national, les principes mêmes de l’Union européenne.

 

Dans ce contexte très tendu, l’ambassadeur français a déclaré qu’il était pour le moins surpris par les accusations formulées par certains responsables à l’encontre de la majorité gouvernementale (relative). Il a par ailleurs expliqué qu’il ne comprenait pas que le parti de Santiago Abascal décrive l’Espagne comme une démocratie en danger, dont les grands principes étaient bafoués par le cabinet Sánchez. Enfin, Jean-Michel Casa a critiqué les décisions du PP, qui n’a pas soutenu tous les décrets de confinement de l’exécutif.
Ces déclarations sur la politique intérieure d’un pays étranger sont-elles acceptables ? Très probablement pas, et c’est ce qui explique la réponse véhémente de Vox, dont les membres n’ont pas apprécié de voir leur comportement taxé de « crispation » du jeu parlementaire. Au sein du parti, beaucoup pensent que Casa s’est exprimé en termes idéologiques. Cela ressemble à une accusation voilée contre Emmanuel Macron, dont on sait que Santiago Abascal et les siens ne le portent pas dans leur cœur. De quoi remettre en cause, selon les eurodéputés espagnols du mouvement national, les principes mêmes de l’Union européenne.

 

Par Nicolas Klein

 [/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest