Début octobre, dans la ville de Montgeron en banlieue parisienne, Yanis, 17 ans, s’est fait tabasser par une dizaine de « jeunes » – comme on dit désormais – issus de son quartier. Si ce lynchage ressemble à un scandaleux fait divers parmi tant d’autres, le caractère purement homophobe de l’attaque a choqué l’opinion publique, d’autant plus que la scène a été massivement relayée sur les réseaux sociaux. Alors que le jeune homme se faisait rouer de coups, ses agresseurs le sommaient en effet de ne plus « marcher comme un pédé », « sale gay » qu’il était. Ce déferlement de haine trouve sa source profonde dans la perception très négative de l’homosexualité en banlieue, et en grande partie due à l’islam, religion extrêmement présente dans les quartiers populaires.
Depuis que Yanis a révélé son orientation sexuelle, il dit en effet vivre un véritable enfer : il a dû être déscolarisé à cause du harcèlement qu’il subissait au lycée
Bien vite, la gauche morale s’est pourtant bandé les yeux et a crié au « padamalgame ». D’abord silencieuses, les associations anti-homophobie sont montées au créneau pour nier le lien entre islam et homophobie. Ainsi, Arnaud Boisseau, porte-parole de « Stop homophobie », a estimé qu’« il n’y a pas de territoires plus sujets à l’homophobie que d’autres ». Pareillement, Caroline Fourest a expliqué que « l’homophobie est en hausse dans tous les milieux identitaires et machistes : on a quelques exemples dans le débat actuel qui montrent que le retour du virilisme et de la nostalgie de l’identité masculine n’est pas le monopole des banlieusards. Qu’on ne vienne pas non plus nous faire croire que ce déchaînement n’est lié qu’à une culture, qu’à une religion ». Elle vise ici évidemment le polémiste Éric Zemmour, qui selon elle, s’acoquine avec la perception haineuse de l’homophobie islamo-banlieusarde : « Ils s’entendent très bien, ils ont la même vision des homosexuels ». S’il serait idiot de croire que l’homophobie ne sévit que dans les banlieues, c’est pourtant une évidence que c’est là qu’elle s’exprime avec le plus de véhémence.
C’est du moins ce que les chiffres – en plus des événements – démontrent. Un sondage Ifop de 2018 révèle que 63% de la population musulmane considère qu’une personne homosexuelle est « malade » ou « pervertie sexuellement » (contre 14% chez les catholiques et 10% chez les non-croyants). De même, alors que 69% des catholiques et 78% des non-croyants accepteraient bien l’homosexualité de leur enfant, ils ne sont que 20% dans ce cas parmi les adhérents à l’islam. Et, comble du comble, selon 29% des musulmans, « les violences contre les homosexuels sont parfois compréhensibles », pour reprendre les termes du sondage (9% chez les catholiques, 10% chez les non croyants). En clair, les musulmans semblent bien plus homophobes que les autres Français et surtout, ils seraient pour un tiers d’entre eux prêts à faire usage de la violence.
Invité chez TPMP, le témoignage de Yanis va d’ailleurs dans ce sens. Depuis qu’il a révélé son orientation sexuelle, il dit en effet vivre un véritable enfer : « Les gens me reconnaissent dans la rue, ils m’insultent, ils insultent ma sœur ». Il a dû être déscolarisé à cause du harcèlement qu’il subissait au lycée.
Cette homophobie peut s’expliquer par une lecture littérale du Coran. Les versets 80 et 81 de la sourate 7 du livre islamique sont assez explicites : « Loth dit à son peuple : « Vous commettez une telle abomination ; personne au monde ne l’a fait auparavant ! Vous pratiquez le sexe avec les hommes, au lieu des femmes. En vérité, vous êtes un peuple transgresseur. » » Les versets 83 et 84 parlent d’« expulsion de la cité » pour les « coupables » qui devront en subir les « conséquences ». S’il n’est pas fait mention explicite de la nature de la condamnation, le chercheur Mohammed Hocine Benkheira souligne à l’article « Homosexualité » de son Dictionnaire du Coran que l’islam originel considère la sodomie entre mâles comme « une abomination sans pareille ». De même, il précise que l’ensemble des savants du monde musulman s’accorde à dire que l’islam, à ses débuts, jugeait et condamnait l’homosexualité, et bien souvent par la peine de mort. Alors que la religion musulmane et sa mouvance salafiste trouvent un écho de plus en plus fort au sein de la population de banlieue, il ne faut donc pas s’étonner de la recrudescence des attaques comme celle qu’a subie Yanis.
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Si l’homosexualité n’est pas toujours bien acceptée chez les catholiques, elle ne débouche que très rarement sur un recours à la violence. De même, le parallèle avec Zemmour est grotesque, puisqu’il ne s’attaque pas aux homosexuels en tant que personnes, mais au lobby gay LGBT+ et à son influence dans la société. Surtout, par son combat contre l’islamisme, il se bat contre l’origine même des agressions homophobes en banlieue.
Comment expliquer ce déni de réalité ? L’« intersectionnalité des luttes » est un fourre-tout qui permet aux néo-progressistes d’orienter toutes leurs luttes contre les hommes blancs hétéros, causes de toutes les oppressions sociales. Dès lors, il n’est pas intellectuellement possible pour eux que la minorité islamique puisse s’en prendre à la minorité LGBT, et ils préfèrent feindre de ne pas voir le réel plutôt que de fragiliser l’unité des luttes. Unité factice s’il en est, mais aveuglement sur lequel les attaques homophobes continueront de prospérer.





