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Italie : Meloni en surface

La démission de Mario Draghi a pris l’Italie de court et rebattu les cartes du jeu politique. L’improbable coalition qui l’avait porté au pouvoir a éclaté, poussant le président de la République Sergio Mattarella à dissoudre du Parlement et à annoncer des élections anticipées pour cet automne. Pour la première fois, Giorgia Meloni, patronne du mouvement « Fratelli d’Italia » est donnée en tête dans les intentions de vote.

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On a coutume de voir l’Italie comme un laboratoire politique, en particulier pour la France. Pourtant, avec son système strictement parlementaire, comportant deux chambres aux pouvoirs égaux – une singularité dans le paysage des démocraties libérales – l’Italie a peu à voir avec le « parlementarisme négatif » à la française. En France, la personnalisation et la centralisation du pouvoir sont telles que Maurice Duverger a pu parler de « monarchie républicaine », pour évoquer les institutions de la Ve. En Italie, on évoque au contraire un « parlementarisme décentralisé » pour qualifier le régime de la constitution du 1er janvier 1948, qui a connu 26 présidents du Conseil et 71 gouvernements depuis 1946.

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Le président de la République, élu pour sept ans et siégeant au palais du Quirinal, joue un rôle d’arbitre en retrait du jeu des partis. Le président du Conseil, nommé par le président de la République après consultation des différentes forces représentées au Parlement, incarne le pouvoir exécutif, dont l’action est soumise au contrôle sourcilleux de la Chambre des députés, sise au palais Montecitorio, à Rome, et le Sénat de la République, qui siège au palais Madame. Ce régime politique ressemble à la IVe République française. Mais le jeu des coalitions dont dépend l’exécutif italien ouvre la porte a des expérimentations qui sont scrutées avec attention de notre côté des Alpes et sur tout le continent. L’Europe, plongée aujourd’hui dans une crise géopolitique et énergétique, attend donc avec anxiété le résultat des élections qui installeront un nouveau locataire au palais Chigi, le 25 septembre.

Une nouvelle ère

Depuis le référendum du 2 juin 1946, à l’issue duquel les Italiens ont adopté à 54 % la république, la vie politique italienne a été rythmée par les combinaisons partisanes autour de la Démocratie chrétienne. Ce parti, fondé en 1942, représentant le centrisme social-démocrate chrétien, a joué le rôle de pivot de la vie politique italienne jusqu’à l’opération Mani pulite (« Mains propres »), qui révéla un vaste système de corruption, entraînant la dissolution du parti le 29 janvier 1994. [...]

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