À défaut d’être édités en Pléiade, les « Dits et écrits » de Jack Lang ont trouvé leur place chez Bouquins qui accueille habituellement des intégrales de Barrès, Baudelaire, Tocqueville, Tacite ou Joseph de Maistre. Un anoblissement pour l’ancien grand ministre de la Culture, prélat du socialisme triomphant des années Mitterrand, qui n’en demandait probablement pas tant à un Frédéric Martel « autorisé » pour l’occasion à fouiller dans ses archives. Le résultat de ce travail donne un livre épais de 1 312 pages vendu au prix modique de trente-deux euros.
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Il n’est pas inexact de penser que le sieur Lang provoqua une « révolution culturelle » : pour le pire. Et cette somme en donne une bonne illustration. Extrêmement flagorneur à son habitude, le douteux Frédéric Martel a compilé l’œuvre d’une vie de telle façon que des entretiens accordés à la presse ou de simples courriers soient pris pour des chefs-d’œuvre de la pensée politique. Tel que présenté sur les étals, l’objet donne l’impression de se frotter aux mémoires d’un grand homme, l’égal d’un Alexandre ou d’un César. On imagine fort bien un autre amoureux des Arts, Frédéric II de Hohenstauffen, écrire au PDG de France 3 pour tenter d’empêcher la déprogrammation de l’émission musicale « Décibels ». Non ? Mieux vaut se cacher la tête dans un seau.

Bouquins, 1312 p., 32€





