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Qu’il semble loin le temps où Jamel Debbouze était l’icône des banlieues estampillée Canal. Tout juste canaille, pas même mauvais garçon, le natif de Trappes faisait figure de beur (a)typique de la République socialiste de la fin des années 90. Très vite propulsé au rang de petite vedette de la comédie hexagonale, avec le navet Le Ciel, les Oiseaux et… ta mère ! dans lequel il partageait l’affiche avec un autre banlieusard gouailleur nommé Lorànt Deutsch, Jamel Debbouze acquit ainsi un immense succès au cours des années 2000.
Deux fois nommé aux Césars pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain puis Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, il reçoit en 2006 le Prix d’interprétation masculine à Cannes pour Indigènes avant de convoler en justes noces avec la speakerine la plus sexy de la décennie, Mélissa Theuriau. Voilà qui signe une belle épopée pour un petit beur manchot issu de cité.
UN BOUFFON DU PASSÉ
Notre Officier de l’ordre des Arts et des Lettres se serait-il depuis embourgeoisé ? De moins en moins respecté, Jamel Debbouze n’est plus seul sur le créneau du banlieusard malicieux prêt à dégainer vanne sur vanne avec un débit de mitraillette, sans oublier de diffuser en même temps des messages inclusifs et bienveillants.
Le statut de bouffon officiel de la République se mérite et Jamel doit désormais compter avec les Mustafa El Atrassi, Kev Adams, Yassine Bellatar et tant d’autres.
Eh oui, le statut de bouffon officiel de la République se mérite et Jamel doit désormais compter avec les Mustafa El Atrassi, Kev Adams, Yassine Bellatar et tant d’autres. Un peu comme Eddy Murphy soudain ringardisé après avoir été le golden-boy de l’humour afro-américain des années 80, Jamel est maintenant un homme du passé. Âgé de 44 ans et rangé des voitures, son humour peine cruellement à se renouveler et il ne peut plus prétendre incarner la voix des « quartiers », à l’heure où il exprime davantage les préoccupations des bobeaufs quadragénaires se tapant un petit DVD comique pour se détendre le samedi soir.
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L’AMNÉSIE ET LE FIASCO
Peut-être Jamel devrait-il envisager un duo avec Gad Elmaleh, lequel a également toutes les peines du monde à retrouver sa gloire d’antan ? Accusé de plagiat, ce Franco-Marocain américanisé partage avec son pote Jamel le même type d’humour lourdingue. Problème : il se trouve que le public est devenu plus exigeant qu’auparavant. Gavé de one man shows américains par Amazon ou Netflix, le spectateur français réclame d’authentiques performances.
Si Maintenant ou Jamel aura fait rire, malheureusement, cela aura été principalement en raison du comique involontaire. Ridicule, Jamel aura multiplié trous de mémoire et bégaiements, lâchant tout au plus de pathétiques grossièretés lors des rares moments où il se trouvait en mesure de réciter son texte.
Autant dire que le public attendait beaucoup d’un spectacle diffusé par M6 le 31 octobre après force réclame, à une très belle tranche horaire et présenté comme « inédit et événementiel » (tout événement, cela dit, n’est-il pas « événementiel » par essence ?) Si Maintenant ou Jamel aura fait rire, malheureusement, cela aura été principalement en raison du comique involontaire. Ridicule, Jamel aura multiplié trous de mémoire et bégaiements, lâchant tout au plus de pathétiques grossièretés lors des rares moments où il se trouvait en mesure de réciter son texte. Décidément, Jamel a vraiment perdu la main.
Gabriel Robin
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