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Jean-Frédéric Poisson : « C’est la première fois qu’on ne trouve pas, dans l’exécutif français, des gens qui comprennent le fait religieux »

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19 mai 2020

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Ce lundi 18 mai, le conseil d’Etat a rendu une décision qui remet en cause la gestion de la question religieuse par le gouvernement dans la crise du coronavirus et préconise la réouverture rapide des cultes. Jean-Frédéric Poisson avait fait partie de ceux qui avaient saisi le conseil d’Etat à ce sujet. Réaction à chaud.

 

 

Comment accueillez-vous cette décision du conseil d’Etat qui lève l’interdiction « disproportionnée » des célébrations religieuses en France ?

 

Je l’accueille tout d’abord avec satisfaction, puisque nous avons obtenu ce que souhaitions, c’est-à-dire la condamnation de la volonté qu’avait le gouvernement d’interdire toute forme de cérémonie religieuse pendant la période du déconfinement. C’est pour cela que nous avions saisi le conseil d’Etat, et nous nous réjouissons que cette liberté fondamentale de célébrer collectivement le culte soit reconnue.

 

Cette décision est-elle une victoire définitive en vue de la reprise du culte ou faudra-t-il continuer à lutter en ce sens ?

 

L’ordonnance est claire : elle dit que l’Etat a huit jours pour définir les conditions matérielles dans lesquelles les cérémonies religieuses peuvent se tenir. Entendons-nous bien, j’ai défendu moi-même cette idée à l’audience qu’il n’appartient pas à l’Etat de dire selon quelles modalités les cérémonies doivent se dérouler. Ceci constituerait une intrusion dans la vie des cultes qui serait contraire à la neutralité à laquelle il est lui-même obligé par la constitution.

La décision d’hier stipule que l’Etat doit se tourner vers les communautés qui veulent célébrer des offices dans la période de déconfinement et discuter avec elles des modalités selon lesquelles les croyants peuvent s’organiser.

Il ne s’agit pas de demander à l’Etat comment soit se dérouler la cérémonie à la mosquée, à la synagogue, au temple ou à l’église.

Cette concertation doit permettre que la manière dont ils entendent célébrer les offices respecte les règles sanitaires en vigueur. Il ne s’agit pas de demander à l’Etat comment soit se dérouler la cérémonie à la mosquée, à la synagogue, au temple ou à l’église, mais d’écouter ce que les communautés sont capables de mettre en place pour que la propagation du virus ne reprenne pas.

L’injonction du conseil d’Etat est telle que le mardi 26, un décret devra être en vigueur pour indiquer la manière dont nous aurons le droit de célébrer.

Pour revenir à votre question, on regardera évidemment avec une grande attention ce décret et nous verrons s’il est satisfaisant ou non.

 

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Depuis le début de cette crise, les pouvoirs publics dans leur globalité n’ont pas semblé à l’écoute des instances religieuses. Cette décision du conseil montre-t-elle selon vous qu’il est malgré tout toujours possible dans la France de 2020 d’établir un dialogue serein entre les religions et l’Etat au sens large ?

 

Il faut déjà dire que c’est sans doute la première fois depuis longtemps qu’on ne trouve pas, dans les plus hautes instances de l’exécutif français, des gens qui comprennent le fait religieux, et qui en sont familiers. Dans les mandats précédents, au ministère de l’Intérieur comme à l’Elysée, sur ces questions précises, il y avait des gens qui avait la connaissance historique du fait religieux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et cela explique sûrement un certain nombre de déviations, pour ne pas dire de déviances, de l’Etat à ce sujet.

Deuxièmement, je pense aussi qu’il y a une incompréhension dans la France moderne, pas seulement dans l’exécutif, du fait religieux.

Troisièmement, la grande tentation des exécutifs en période de crise est de réduire les libertés individuelles au lieu de faire confiance au sens des responsabilités, au civisme et à la vigilance des citoyens. L’Etat est légitime à prendre un certain nombre de décisions fortes, comme celle du confinement, mais le risque est de serrer la vis trop fort.

L’enchaînement que nous voyons ces jours-ci, avec la loi Avia, l’application StopCovid et la restriction des libertés religieuses nous montre bien que l‘Etat est entré dans une très mauvaise manière de gérer cette crise qui consiste à raboter sans cesse les libertés individuelles en promettant en échange la santé pour tous, ce qui est illusoire.

L‘Etat est entré dans une très mauvaise manière de gérer cette crise qui consiste à raboter sans cesse les libertés individuelles en promettant en échange la santé pour tous, ce qui est illusoire.

Il s’agit d’un mouvement général qui ne concerne pas seulement les religions.

Le gouvernement a un mal de chien à comprendre l’importance des corps intermédiaires en France et le rôle fondamental de l’initiative citoyenne.

 

 

Propos recueillis par Ange Appino 

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