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Jean-Jacques Schuhl : Autoportrait au stroboscope

Ecrivain rare, mais précieux, Jean-Jacques Schuhl nous emmène dans une courte, mais très intense introspection.

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© Capture d'écran YouTube

Écrivain culte et rare (six livres en cinquante ans), Jean-Jacques Schuhl cultive dès sa bibliographie le mystère et les contrastes, passant de l’ombre de deux romans restés inaperçus dans les années 70 (Rose poussière et Télex n° 1) au Goncourt 2000 pour Ingrid Caven. Ce dernier livre, inspiré par sa compagne, actrice et chanteuse allemande, oscille encore entre l’intime, le masque et le glamour, contribuant à donner de l’auteur l’image d’un dandy étrange et fabuleux ne livrant de lui que quelques textes miroitants et impeccables à intervalles irréguliers. Vingt-deux ans après sa grande mise-en-lumière, Schuhl est toujours très loin au-dessus de la production moyenne : avec moins d’une centaine de pages, ses Apparitions concentrent même à elles-seules suffisamment de génie littéraire pour les dix ans à venir.

« Je » est partout

Autoportrait en trompe-l’œil, chambre d’échos et diffractions, le projet, à l’objectif évident – se peindre soi-même – se déploie pourtant aussitôt en un somptueux vertige. « You. », telle est la personnalité de l’année élue par le magazine Time à l’heure des réseaux sociaux, une suggestion d’outre-Atlantique que l’écrivain, en liminaire de son livre, choisit de prendre au sérieux, si l’on veut, se décrivant avec les mots de Jacques Rigaut: « Yeux : yeux / Oreilles: oreilles / Nez : nez… » avant d’admettre s’être souvent trouvé des traits de comparaison avec un autoportrait de Dürer jeune, le prétexte d’une pose jugée suspecte pour notre « outsider silencieux en bout de table » qui se lance dans des jeux de réflexions et de transparence avec des images de journaux éclairées laissant apercevoir leur verso, ou des inconnus auxquels il s’identifie, ou encore, se remémorant une amie qui ne lui pardonna pas la description qu’il avait donnée d’elle dans un livre, s’avouant qu’il avait en fait surtout décrit par ce croquis d’une autre un aspect de lui-même. Le reflet de soi selon Schuhl est une porte-miroir où tout se répercute avant de pivoter et de s’ouvrir sur l’ombre. [...]

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