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Jeanne d’Arc, pour l’éternité

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Publié le

26 mars 2020

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« Jusqu’au bout, il fut un petit homme dans un grand roi », écrit Michel Bernard de Charles VII, dans Le Bon Sens, qui fait suite au Bon Cœur, également paru en cette rentrée de janvier, dans la collection de poche de La Table Ronde. Deux romans historiques qui se lisent d’affilée et d’une traite, servis par une langue impeccable.

 

 

Le premier retrace l’épopée de Jeanne d’Arc, de son village dans le Barrois au bûcher sur lequel les Anglais aux abois la brûlèrent vive à Rouen sans que le « gentil dauphin », qu’elle a mené sur le trône, lève un doigt pour la sauver. Le deuxième roman prend la suite et mène l’enquête sur la révision de son procès, arrachée de haute lutte à Charles VII par quelques conseillers et ecclésiastiques soucieux de briser le jugement inique prononcé par une Église sous la pression de l’évêque Cauchon vendu aux Anglais. Grand roi Charles VII, assurément, car, le temps de son règne, il reprendra aux Anglais presque l’intégralité des possessions qu’ils avaient acquises en France depuis trois siècles. Grand roi dans sa magnanimité à l’égard des ennemis d’hier, dans sa volonté de réconcilier tous les habitants du royaume de France, ainsi que fera plus tard Henri IV. Mais petit homme, assurément, que la Pucelle – que Michel Bernard réussit à rendre étonnamment humaine sans tomber dans la moindre vulgarité – doit constamment rassurer, traîner au combat, puis jusqu’au sacre, pour ne recueillir bientôt que le royal mépris et l’oubli.

La beauté de l’histoire de France, c’est le miracle de son relèvement, chaque fois que la partie semble perdue. Pour peu que quelques-uns aient la foi.

L’histoire de Jeanne d’Arc ressemble beaucoup à celle du Christ, fêtée à Orléans et à Reims, avant que, tel Ponce Pilate, le roi Charles se lave les mains de son sort, et la laisse subir les pires humiliations, jusqu’à sa condamnation pour sorcellerie. Enfin, quelques disciples zélés parviendront à faire casser le jugement et remettre à l’honneur la jeune Pucelle qui sut remettre sur pied en quelques semaines une armée française décimée à Azincourt et déprimée par des décennies de batailles perdues. La beauté de l’histoire de France, c’est le miracle de son relèvement, chaque fois que la partie semble perdue. Pour peu que quelques-uns aient la foi.

 

Matthieu Falcone

 

LE BON CŒUR Michel Bernard La Table Ronde 262 p. – 7,30 €

 

LE BON SENS Michel Bernard La Table Ronde 195 p. – 20 €

 

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