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Jérôme Rivière : « Erdogan ranime aux portes de l’Europe des conflits en tous genres »

Jérôme Rivière est député européen RN, siégeant à la commission des affaires étrangères, et à la Sous-commission "sécurité et défense". Il répond à nos questions sur les relations complexes entre UE et OTAN, autour de la brûlante stratégie turque, à la manoeuvre derrière l'offensive Azérie au Haut-Karabagh.

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© Çaptüre Yoütübe

L’Arménie et l’Azerbaïdjan s’affrontent actuellement dans le Haut-Karabakh. Quels risques stratégiques ce conflit pose-t-il pour l’Union européenne ?

Tout d’abord, c’est un conflit toujours chaud, qui s’est récemment embrasé. La ligne de front entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est une zone où il y a régulièrement des morts. En ce moment en effet, il y a une offensive particulièrement violente, mais c’est une zone conflictuelle, un peu à l’image de ce qu’il se passe dans le Cachemire entre le Pakistan et l’Inde. C’est donc un sujet bien connu. Le groupe de Minsk, qui regroupe la Russie, les États-Unis et la France est censé proposer des solutions. Ce que je trouve extrêmement pénible, c’est que la France, qui est le seul pays de l’Union européenne dans ce groupe, ne fasse absolument aucune proposition, et en soit totalement absente. C’est la Russie qui a pris les commandes et c’est véritablement dommage.

Il n’existe pas d’intérêt de l’UE en dehors de l’intérêt de marché et de l’intérêt d’une finance de connivence

L’enjeu essentiel, c’est l’offensive tous azimuts que mène la Turquie de Erdogan, qui ranime aux portes de l’Europe des conflits en tous genres. Il est dans une stratégie de provocation permanente pour reformer un zone d’influence très forte pour la Turquie en vue de rétablir une forme d’empire ottoman. On connaît les relations entre la Turquie et l’Azerbaïdjan, et la haine féroce que la Turquie voue pour l’Arménie. C’est aussi un conflit de civilisation assez classique entre la civilisation chrétienne et la civilisation musulmane.

La Turquie a apporté son soutien à l'Azerbaïdjan en présentant l'Arménie comme l'agresseur. Plusieurs pays de l’UE faisant partie de l’OTAN, une interprétation au premier degré de nos alliances militaires pourrait nous conduire à devoir se battre aux côtés de la Turquie, peut-être même contre la Russie. Est-ce que cet engrenage vous paraît crédible ?

Non, je ne pense pas. Mais c’est la même logique que ce qui s’est passé en Méditerranée, où la Turquie manoeuvrée par Erdogan essaye de mettre aux pieds du mur les pays de l’UE qui sont dans l’OTAN pour les mettre dans une contradiction manifeste entre leurs traités et leurs intérêts. Il y a quelques semaines, il a été extrêmement choquant d’assister à des manœuvres en Méditerranée orientale de la France et de la Grèce – membres de l’OTAN – avec en face des manœuvres de la Turquie et des Américains. Celui qui a parlé avec les mots les plus justes de l’OTAN c’est Emmanuel Macron, lorsqu’il a dit que « L’OTAN est dans un état de mort cérébrale ». Ce qui est dramatique, c’est qu’il n’en a pas tiré les conséquences. Il est urgent que nous quittions le commandement militaire intégré de l’OTAN, justement pour qu’en aucune façon nous nous retrouvions dans une situation où il faudrait choisir entre être entraîné dans un conflit qui nous est étranger, ou s’il ne nous est pas étranger nous emmènerait du mauvais côté du conflit

Très concrètement, quelles sont les relations entretenues entre l’UE et l’OTAN ? [...]

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