Kroc Blanc : Chef de meute

Rappeur mordant des marges, Kroc Blanc rêve de réinventer la culture populaire française et voit au-delà du rap.

Il ne pose jamais sans son masque égaré des studios d’Eyes Wide Shut, c’est que le rappeur identitaire énervé est un grand timide. Malgré ses paroles, ou plutôt à cause d’elles : cracher sa haine du monde et son rejet de l’ordre établi a toujours été l’apanage des grands sensibles.

Dans le privé, Kroc Blanc assume son extrace populaire bousculée par la mondialisation. Le jeune auteur des tubes « #JMLP », « Je vote FN » et « Nazi » a grandi dans une famille d’artisans de l’Ouest installés à Paris, dans le XIe , lorsque l’arrondissement n’était pas encore le quartier général de la boboterie : une famille industrieuse française, qui fut finalement victime de la concurrence étrangère à bas-coût.

Une famille qui ne lui prodigua d’ailleurs aucune éducation musicale. Et voilà pourquoi votre fils est rappeur : « C’est de la musique facile », il suffit d’en avoir écouté adolescent à haute dose. Ses héros d’alors ? Kery James et Eminem. Et aujourd’hui ? « Je n’écoute plus de rap ». C’est dit.

Politiquement, s’il est de droite, c’est plutôt de celle qui parle d’identité française et de baisses de charges pour les petits patrons. Pas loin du Macron d’aujourd’hui, qui dit (…)

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