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La décentralisation ou la mort !

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25 mai 2020

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Au terminus des illusions perdues du coronavirus figure la centralisation de la France. Obèse, dispendieuse, coupée des réalité, autoritaire : l’hypercentralisation parisienne c’est Kim Jong Un avec une tour Eiffel !

 

Et puis cette incapacité, cette impuissance révélées par la crise. Impuissance qui fait que la cinquième puissance mondiale en soit encore à cavaler après des masques alors que des conseils régionaux, départementaux voire des mairies réussissent à en trouver sur tous les marchés aux voleurs du monde. Comment ceux qui aiment la France de façon charnelle, tripale, comme toi lecteur de L’Incorrect, ne peuvent pas avoir vu le miroir inversé que constituent Paris et les territoires abandonnés de la Creuse ou des Côtes-d’Armor ? Miroir inversé jusque dans la situation actuelle d’ailleurs car tous ces pays ruraux sont devenus des « territoires privilégiés qui résistent encore et toujours à la pandémie » selon Le Figaro citant le 7 avril la Lozère, le Lot et le Cantal.

 

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Pourquoi ? Mais parce que des portions entières de la France sont en situation de sécession de fait ! Comme la Seine-Saint-Denis ! Avec des sabots et sans les babouches ! L’État français a tellement abandonné certains cantons que ces derniers vivent dans une quasi-autarcie de fait. Prenons l’exemple du Cézallier (Sejaleir en occitan auvergnat) entre le Puy-de-Dôme et le Cantal. Si demain un commando de L’Incorrect prenait d’assaut le plateau pour y installer Guillebon Ier en son royaume, Paris mettrait six mois à s’en apercevoir ! La quarantaine de communes qui compose cette région du centre de l’Auvergne n’a plus de services publics, l’État n’y est plus présent et n’intervient plus que pour y planter des chiendents d’éoliennes

Par contre en cette période de coronavirus, le Cézallier vous salue bien, vous les confinés de Paris ! La centralisation à la française, ce n’est pas l’assurance de la cohésion du territoire, c’est le détournement de l’argent public par quelques pouilleux arrondissements parisiens au détriment de tous. C’est la maladie invalidante de la France. Rails, routes, sièges sociaux, tout va à Paris et tout est pour Paris. Quand le ministère de la culture dépense 139 € pour un francilien, il en dépense 15 pour un Basque ou un Picard. Merde, quoi ! Jusqu’alors, la décentralisation et l’autonomie des régions n’étaient apparemment pas une urgence. La moindre allusion à la chose entraînait un froncement de sourcil courroucé et un geste las de la main genre Fabius contre Chirac en 85. « Ce n’est pas la priorité, voyons ! »

 

Avoir peur d’une trop grande décentralisation en France c’est comme si Houellebecq hésitait à faire de la musculation de peur d’être trop balèze !

 

À peine une lubie de notaire de province. Pourtant les deux seules entités de France métropolitaine dotées d’un statut « spécifique » (sorti de l’Alsace-Lorraine pour des raisons historiques) sont…. Paris et, depuis 2015, Lyon. Eh oui ! Vue de la rue de Rivoli, l’autonomie c’est toujours un danger ailleurs mais un bienfait chez soi. Eh bien maintenant, ça doit être la priorité ! Pour nous les ploucs ! Autant que de ramener Momo l’embrouille dans son paradis islamique qu’il n’aurait, lui ou ses grands-parents, jamais dû quitter pour ce pays de khouffars ! C’est la priorité parce que nous on en a ras la fourche de prendre rendez-vous pour un ophtalmo en mai pour le 15 décembre. Parce que l’avenir de nos filles ça ne peut pas être uniquement le « service à la personne », c’est à dire torcher les vieux pendant que nos fils feront de la maintenance d’éoliennes.

 

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Nous aussi, on veut être l’Écosse ! Nous aussi, on a un avenir au pays ! Ah, et puis il faut arrêter avec cette peur que se mettraient en place des « roitelets locaux ». Avoir peur d’une trop grande décentralisation en France c’est comme si Houellebecq hésitait à faire de la musculation de peur d’être trop balèze ! Des Bonnets rouges aux Gilets jaunes c’est très exactement ce qui était au cœur des revendications : le droit de vivre, travailler et décider au pays ! Les circuits courts, ça vaut aussi pour le pouvoir et la répartition de l’argent ! Cela s’exprime différemment qu’on soit en Bretagne ou dans l’Yonne bien évidemment et cette décentralisation doit se mettre en œuvre différemment suivant les territoires mais la question doit être au cœur du monde d’après. Et puis franchement, vous n’allez pas vous priver du plaisir de voir la tronche de cette haute administration à cravate club quand on lui annoncera qu’elle est transférée à Nevers ou à Brive-la-Gaillarde, non ?

 

Maël Pellan

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