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La désacralisation de la mort ou les larmes d’Hippocrate

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27 mars 2023

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Ce mercredi 15 mars, L’Obs publiait fièrement un manifeste sur la fin de vie et le droit à l’euthanasie pour interpeler le président de la République. Un texte puéril qui n’est pas du tout à la hauteur des enjeux.
Atala

Signé par 109 personnalités, ce texte traite le problème de l’euthanasie avec une légèreté déroutante. Il commence en utilisant le pathétique argument de la souffrance, cherchant tant bien que mal à susciter la compassion. Le seul problème, c’est que ça ne marche pas du tout. On mesure les limites intellectuelles de pétitionnaires réduits à faire reposer leur argumentation sur le simple rappel de la présence de la douleur dans l’existence.

Ils nous rappellent ensuite que « chaque année, des Françaises et des Français, qui font face aux mêmes maladies et aux mêmes tourments, partent à l’étranger pour pouvoir y mourir ». Effrayant conformisme. La France doit-elle imiter tout ses voisins dans l’erreur, bafouer la dignité humaine pourtant si fièrement présentée comme l’un des fondements de nos sociétés modernes ? Nos amis de L’Obs réclament un droit à la mort, rien que ça.

Lire aussi : Éditorial d’Arthur de Watrigant : Le projet de la mort qui tue

La crainte de la mort est certes une donnée fondamentale de la condition humaine, mais la nier ou du moins tenter de la contrôler n’est-il pas profondément puéril ? Camus nous rappelle que, malgré la fatalité de la vie, il nous faut nous élever. Mais allons plus loin. Si la légalisation de la mort devient un droit, ce dernier ne serait-il pas un aveu de faiblesse ? Écoutons attentivement la suite des propos de ces intellectuels : « Ces Françaises, ces Français ne sont pas seuls. Nous sommes leurs conjoints, leurs enfants, leurs frères, leurs sœurs, leurs familles, leurs amis. » Prenons-les au pied de la lettre. Ne seraient-ils pas justement le vrai problème, eux qui n’arrivent pas à accompagner dignement les personnes touchées par la souffrance ? Sans cette dernière, sans la mort, la vie conserverait-elle encore une signification ? À l’entrée vie, voici ce qu’indique Le Petit Larousse : « Fait de vivre, propriété essentielle des êtres organisés qui évoluent de la naissance à la mort. » Quand on contrôle la mort, la vie n’est plus la vie.

Le serment d’Hippocrate que prêtent tous les médecins est aussi mis à mal, puisqu’il enjoint à préserver ou promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux. La solution ne peut donc pas être de permettre à tout un chacun de mourir, mais plutôt de savoir comment aider au mieux ceux qui souffrent jusqu’à n’en plus pouvoir, aussi bien sur les plans physiques que mentaux. Devrions-nous proposer aux personnes souffrant d’une dépression aiguë la mort comme remède, tout en sachant que cette dernière est l’exact opposé de la guérison puisqu’elle stoppe la vie de façon définitive ? On ne peut pas oublier que des personnes – nombreuses – sont sujettes aux plus grands maux du corps et de l’esprit, mais est-ce un argument valable pour promouvoir des solutions aussi radicales ? N’en déplaise à L’Obs, la vie est tout sauf un droit, c’est une nécessité à toutes choses naturelles. L’homme peut déjà refuser cette nécessité par le biais du suicide, mais il serait insensé de donner l’assentiment de la loi de la cité à cet acte nécessairement subversif. Tuez-vous si vous le voulez, mais ne nous l’imposez pas.

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