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La fin d’Orania, le dernier bastion blanc d’Afrique du Sud ?

Panyaza Lesufi est député et ministre de l'Éducation de la province du Gauteng (Afrique du Sud). Ce 22 juin, il a pointé du doigt la ville exclusivement blanche d’Orania. Il a réclamé que le gouvernement mette rapidement au pas ce dernier vestige de la ségrégation raciale.

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Panyaza Lesufi est député et ministre de l'Éducation de la province du Gauteng (Afrique du Sud). Ce 22 juin, il a pointé du doigt la ville exclusivement blanche d’Orania. Il a réclamé que le gouvernement mette rapidement au pas ce dernier vestige de la ségrégation raciale. « Nous comprenons pourquoi cette ville a été créée mais elle a fait son temps. Cet endroit doit être libéré et désormais, tous les sud-Africains doivent être autorisés à rester là où ils veulent être sans souffrir de discriminations». « Orania must fall !» (Orania doit tomber !). La charge a été violente. Lors de ce discours en hommage à l’activiste communiste Harry Gwala, Panyaza Lesufi a exigé l'ouverture de la ville d‘Orania, située dans la province voisine du Cap-Nord. Exclusivement 100% afrikaner, elle a été fondée peu de temps avant la chute du régime de ségrégation raciale par Carel Boshoff, le gendre du premier ministre Hendrik Verwoerd, le théoricien de l’apartheid. Ici on vote massivement pour le Freedom Front (FF), le mouvement qui lutte pour que les afrikaners aient leur propre état en Afrique du Sud. Une épine dans le pied du gouvernement sud-africain qui a toujours toléré l'existence de cette ville qui n'autorise pas les noirs à y résider, mais exclusivement à y passer pour des affaires de domesticité ou pour du travail agricole. «Même si nous ne souhaitons pas nous mélanger à eux, il est incompréhensible qu’à l’heure actuelle il y ait encore des villes qui soient gérées en fonction d’une langue ou d’une couleur de la peau» s’est plaint Panyaza Lesufi, également député de l’African national Congress (ANC, un parti anciennement organisation terroriste à l'image du FLN en Algérie). Celui qui a connu les geôles du régime de Pretoria critique les 1700 habitants de cette ville qui de « manière inadmissible utilisent leur propre monnaie et hissent leur drapeau tout en faisant fi de la réalité multiraciale de l’Afrique du Sud».  C'est « une trahison » a martelé le ministre qui a appelé à la « fin de cette folie ». Il est appuyé dans sa démarche par Carl Niehaus, ancien porte-parole du président Nelson Mandela, un boer d’origine qui a lui-même demandé que le gouvernement légifère sur « ces blancs racistes qu’il faut jeter en prison ». En guise de réponse à ses détracteurs, le freedomer Carel Boshoff IV, ancien député de 2001 à 2009 et fils du fondateur de cette ville, a déjà par le passé renvoyé les soutiens en tout genre du ministre à la lecture de la constitution sud-africaine. Elle permet l’établissement de ce type d’institutions où chacun peut pratiquer librement sa langue, sa culture, sa religion voir même se gouverner eux-mêmes. Avant que la ville ne publie sobrement un poème sur sa page Facebook officielle, rappelant ses origines afrikaners. Loin d’avoir été impressionné, Panyaza Lesufi a annoncé qu’il allait porter l’affaire devant la cour constitutionnelle afin qu’elle retire à Orania son statut de « ville purement afrikaner ». «Nous préparons un document que nous allons soumettre à la Cour constitutionnelle afin de déclarer nul et non avenu tout accord concernant Orania. Nous avons une équipe d'avocats solides et nous allons mettre fin à son existence dans ce pays car elle ne répond pas aux valeurs de l'Afrique du Sud» a déclaré le ministre à la presse. Précisons que son interprétation des valeurs en question lui est toute personnelle. Le statut d’Orania fait débat depuis plusieurs années. En 2000, le gouvernement provincial du Cap-Nord a ordonné la dissolution du conseil municipal de la ville avant que celle-ci ne fasse valoir ses arguments devant le tribunal. Un statu quo a été maintenu jusqu'à présent entre la province et Orania, qui [...] La suite est réservée aux abonnés. Au lieu de maugréer, sortez votre carte de crédit, un abonnement coûte une bière par mois. Ça vaut le coup.
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