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La grande pitié des bourgs ruraux

Zones commerciales, lotissements, échangeurs : les communes ont adopté une curieuse morphologie depuis les années 1960. Vus comme une tribu de poujadistes, les petits commerçants ferment alors que le confinement a soulevé un vaste et hypocrite mouvement de défense des maires en leur faveur.

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© Lobostudio Hamburg – Unsplash

« Sauver nos commerces » relève pour certains maires « de l’urgence ». Le second confinement va « les tuer ». On dit que le virus atteint les patients ayant des « facteurs à risque » ; autrement dit, les plus fragiles. Et le commerce de centre-ville présente de nombreux facteurs de comorbidité. Beaucoup de bourgs fantômes dans les villes moyennes font peine à voir : vacances prolongées, patrimoine à l’abandon, alors qu’ont poussé comme des champignons des zones commerciales et industrielles.

Le résultat de politiques aventureuses

Longtemps présenté comme « une évolution naturelle », le grand déménagement des centres-villes vers les périphéries procède en vérité d’une volonté politique. Amorcée par la technocratie gaulliste – et son étrange folie des grandeurs urbanistique – elle fut aggravée par la libéralisation des grandes surfaces sur lequel le législateur était pourtant resté longtemps vigilant. En 2007, une nouvelle loi visait à « moderniser l’économie » pour « le seul profit du consommateur. » « En intensifiant la concurrence entre les enseignes de la grande distribution, le gouvernement d’alors espérait créer une relance de l’économie. Ce fut un échec. La relance ne s’est jamais produite mais la libéralisation des implantations et la guerre des prix, elles, ont littéralement bouleversé le paysage », précise Franck Gintrand. [...]

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