La reine est cancel, vive le roi ! Fausse alerte, nous n’irons pas jusque-là. La Reine Elizabeth II a été victime de la cancel culture quand ce mercredi 9 juin des étudiants de la brillante université d’Oxford ont décroché son portrait des murs d’une salle appartenant à leur association, la Middle common room, invoquant la période coloniale à laquelle son image renvoie. Déjà ébranlée par les accusations de racisme portées par l’actrice américaine Meghan Markle en exil outre-atlantique, endeuillée par le décès du Prince Philip, la famille royale se retrouve à nouveau en proie aux tabloïds.
Le groupe d’étudiants responsable de cet outrage est composé d’élèves déjà diplômés, qui après un vote interne ont décidé que ce symbole de la monarchie pouvait être blessant pour une partie d’entre eux. La présidente du Magdalen College d’Oxford a rapidement pris ses distances avec l’association, expliquant que leur acte ne représentait pas la politique de l’école, mais a toutefois souligné le droit à « la liberté d’expression et au débat politique ». Elle a renchéri en expliquant que le tableau avait été accroché en premier lieu à l’initiative des élèves, en 2013, et qu’il pourrait l’être à nouveau si l’association le votait. Le président de l’association a quant à lui justifié cet acte par une raison d’architecte d’intérieur : « Il y a des endroits plus pertinents pour accrocher ce tableau », mais répété sa volonté de créer un « espace neutre » pour les étudiants, « quelles que soient leurs origines ou leurs opinions ».
Basés sur une culture de l’annulation, de l’interpellation, de l’humiliation publique ou encore de la dénonciation, ces mouvements s’imposent peu à peu en Europe
Le mouvement de table rase venu des universités américaines s’immisce en Europe depuis au moins deux ans. Après la vague de remise en question suscitée par le mouvement Black Lives Matter, plusieurs statues sont tombées sous les huées d’une foule criant au racisme systémique et à la décolonisation : Edward Colston, esclavagiste, a sombré dans la rivière Avon près de Bristol ; à Oxford, la statue de Cecil Rhodes fondateur de la British South Africa Company, qui surplombe la façade de l’université, a rassemblé des milliers d’antiracistes à ses pieds, il y a un an, qui ont appelé à l’abattre. Robert Milligan, marchand d’esclaves, a connu le même sort qu’Edward Colston, dans le quartier des Docklands, et la statue de Winston Churchill a été dégradée, recouverte de graffitis révélant que « Churchill était raciste ».
Fpndés sur une culture de « l’annulation », de l’interpellation, de l’humiliation publique ou encore de la dénonciation, ces mouvements s’imposent peu à peu en Europe, s’attaquent au passé comme au présent. Nous devons ce relatif retard à notre culture davantage axée sur la justice que sur la liberté d’expression qui figure en exergue de la constitution américaine. En France comme dans le reste de l’Europe, il faut des preuves pour accuser.
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Devant ce bouleversement idéologique et culturel, M. Williamson, professeur de logique à l’université, s’est opposé avec véhémence au musèlement dont sont victimes certains étudiants aux idées originales. Un projet de loi est d’ailleurs à l’étude depuis février et pourrait fournir aux autorités compétentes et aux intervenants la possibilité de sanctionner les universités ou étudiants qui tenteraient d’étouffer la visibilité de leurs adversaires idéologiques. La folie Evergreen étend son influence, nos universités s’adaptent tant bien que mal.





