Vous organisez le dimanche 26 septembre la Journée du conservatisme. Pourquoi cet évènement ?
C’est surtout la volonté de sortir de cet engrenage du « casting » pour la présidentielle, qui fait perdre du temps à certain. Il faut revenir aux fondamentaux. Les modalités de départage entre candidats n’intéressent pas les Français. Ils veulent qu’on leur parle de la France, de la France qui décline, qui se meurt. Les Français réclament des solutions. Nous, le Mouvement conservateur, avons publié en début d’année un manifeste – qui n’est pas une liste à la Prévert de ce qu’il faudrait faire – qui établit les priorités pour la France aujourd’hui, à savoir la conserver tout simplement, et expose de manière concrète notre vision.
C’est dans cette optique que cinq tables rondes se tiendront lors de cette journée du conservatisme : « Recevoir la France en héritage et l’aimer », « Protéger la France et garantir sa souveraineté », « Améliorer sans détruire : le défi des bio-conservateurs », « Transmettre : pour que la France demeure », « Liberté ! Comment reconquérir la liberté d’expression en France ? ».
Que pensez-vous de la primaire des LR et de la course à qui sera le plus à droite ?
Tout d’abord, nous ne savons pas s’il y aura une primaire. Le bureau politique de LR se réunit mercredi, ce sera l’occasion d’étudier les solutions de départage des candidats. Le congrès LR aura lieu samedi, les adhérents s’y prononceront sur le mode de désignation du candidat. C’est la raison pour laquelle j’ai invité les candidats LR à participer à notre journée du conservatisme dimanche avec pour format une prise de parole de dix minutes où ils devront répondre à la question suivante : « En quoi votre projet pour la France est-il conservateur ? ».
Vous avez invité plusieurs candidats de la droite. Pourquoi ne pas avoir invité Éric Zemmour ou Marine Le Pen ?
Le Mouvement conservateur étant associé à LR, nous avons limité les participations aux candidats prêts à se soumettre aux règles du parti, qu’ils en fassent partie ou non.
Aujourd’hui, l’urgence pour la droite est de reconnaître qu’elle ne gagnera pas sans cette approche conservatrice, seule à même de faire la différence avec Emmanuel Macron
Quel rôle le Mouvement conservateur compte-t-il jouer pendant la campagne ?
Nous souhaitons faire entendre la voix des conservateurs. Nous allons rappeler que si l’on veut incarner une réelle alternative à Emmanuel Macron, si l’on ne veut pas se laisser emprisonner dans ce duel annoncé Macron/Le Pen, il faut que la droite assume d’avoir avec l’un et l’autre une différence de nature et pas simplement une différence de degré. Cette différence de nature consiste à ne pas porter sur l’homme et la société en général la même conception progressiste qu’Emmanuel Macron, et en conséquence de ne pas avoir la même vision politique, ni le même projet, ni le même programme. Aujourd’hui, l’urgence pour la droite est de reconnaître qu’elle ne gagnera pas sans cette approche conservatrice, seule à même de faire la différence avec Emmanuel Macron.
Qui parmi les prétendants à la candidature LR incarne selon vous le conservatisme ?
Aujourd’hui, personne n’incarne clairement le conservatisme au sein de cette mouvance. Le conservatisme aurait pu être porté par des candidats comme Bruno Retailleau ou Laurent Wauquiez, chacun à sa manière. C’est justement parce qu’aucun des candidats actuels n’incarne le conservatisme que nous leur en donnons l’occasion.
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Pensez-vous que la possible candidature d’Éric Zemmour soit pour quelque chose dans ce recentrage du débat sur des thèmes conservateurs ?
J’ai la prétention de répondre oui et non. Cela fait déjà trois ans que le Mouvement conservateur travaille pour le conservatisme politique à un moment où il n’y avait que les intellectuels, dont Éric Zemmour, qui en parlaient. Nous avons un réseau d’intellectuels français ou francophones comme Mathieu Bock-Côté, Frédéric Saint Clair, Charlotte d’Ornellas, Jean-Philippe Vincent et d’autres qui ont déminé le terrain du conservatisme. En tant que parti politique, nous avons été les premiers à décliner cette vision du monde, et à poser quelques questions essentielles : « Qu’est-ce qu’être conservateur en politique ? Quels sont les principes qui guident nos actions ? Quelles sont les propositions concrètes qui permettent d’incarner ce courant de pensée ? »
Aujourd’hui, avec l’ambiguïté d’Éric Zemmour sur son rôle de polémiste, d’intellectuel et son potentiel rôle politique, le conservatisme devient le cœur du débat politique. Et c’est assez drôle de constater que tous ceux qui ont quitté Les Républicains au motif que les propos de Laurent Wauquiez étaient trop conservateurs et trop à droite, parlent aujourd’hui comme lui. Ceux qui critiquent Éric Zemmour sur les positions qui sont les siennes, et sur les priorités qu’il veut pour la France, finissent par calquer leur discours sur le sien. Toute la vie politique depuis quelques semaines n’existe qu’en référence à Éric Zemmour. Cela signifie que le débat politique s’est déplacé et que le conservatisme va faire la différence en 2022. Reste à savoir qui portera la voix des conservateurs. C’est pour tenter de répondre à cette question que les candidats LR sont amenés à s’exprimer lors de la journée du conservatisme dimanche.






