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Edito : Le cadeau de départ de Netanyahou

C’est à la veille de quitter la scène politique et diplomatique, usé par les scandales, que Benjamin Netanyahou a fini par comprendre l’intérêt de faire des concessions sous les auspices de la Maison-Blanche, lui qui n’avait jamais rien cédé en plus de 20 ans.

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© Romée de Saint-Céran pour L’Incorrect

Il n’y aura aucune paix, sécurité ou stabilité pour quiconque dans la région sans la fin de l’occupation et le respect des pleins droits du peuple palestinien », a assuré le Président palestinien dans un communiqué publié en réaction à la signature des accords de normalisation à Washington entre Israël, Bahreïn et les Émirats arabes unis, le 15 septembre. L’événement est passé quasiment inaperçu tant la presse française est méfiante devant les annonces de Donald Trump. Mais au grand dam du très vieillissant président de l’Autorité palestinienne, il s’agit bien d’un succès évident de la diplomatie américaine, même s’il est très inférieur au grand plan de paix présenté par Jared Kushner, le gendre du président, en début de mandat.

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C’est à la veille de quitter la scène politique et diplomatique, usé par les scandales, que Benjamin Netanyahou a fini par comprendre l’intérêt de faire des concessions sous les auspices de la Maison-Blanche, lui qui n’avait jamais rien cédé en plus de 20 ans. En effet, l’établissement de relations diplomatiques avec ces pays arabes n’est pas gratuit. Aux Émirats, où la question n’est pas très populaire non plus, on évoque l’achat d’avions américains de dernière génération, la renonciation par Israël à l’annexion de la vallée du Jourdain et d’une partie de la Judée-Samarie, pourtant annoncée en fanfare pendant la campagne du Likoud avant de tomber discrètement aux oubliettes. « Une initiative courageuse […] pour préserver les chances d’une solution à deux États », a réagi sur Twitter Anwar Gargash, le ministre des Affaires étrangères émiratis dès l’annonce de la nouvelle le 13 août dernier. En Israël, la droite critique le gel de nouvelles colonisations.

Israël est pourtant gagnant à tous points de vue car l’absorption de nouvelles populations arabes en Cisjordanie mettrait gravement en péril son équilibre démocratique : les partis arabes israéliens se coalisent à la Knesset et les djihadistes mettent la pression depuis Gaza

Israël est pourtant gagnant à tous points de vue car l’absorption de nouvelles populations arabes en Cisjordanie mettrait gravement en péril son équilibre démocratique : les partis arabes israéliens se coalisent à la Knesset et les djihadistes mettent la pression depuis Gaza. Begin avait échangé la paix avec l’Egypte contre le Sinaï, Rabin avait profité des accords d’Oslo pour faire la paix avec la Jordanie. Barak avait compris que Tsahal devait se retirer du Liban, Sharon avait décidé (sur le tard également) de se désengager de la bande de Gaza. Netanyahou comprend à son tour que pour survivre au Proche-Orient, Israël doit contenir les appétits territoriaux de ses propres nationalistes en Cisjordanie. Il peut aussi se targuer de diviser un peu plus les pays arabes grâce à la rivalité entretenue avec l’Iran et consolide ainsi l’annexion de Jérusalem-Est et du Golan.

Abusant de la démagogie pour se maintenir au sommet du pouvoir pendant une décennie, c’est à la veille de chuter de son trône que le roi Bibi s’est décidé à faire usage de la raison d’Etat, et offre au passage un joli cadeau de départ à Donald Trump.

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