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Le Ciel, les footeux et ta mère !

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Publié le

21 juin 2018

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Le Ciel, les footeux et ta mère © Slava Keyzman – unsplash

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Les stades sont pleins de dieux. Faut-il plaider pour une séparation des Églises et du foot?

 

Le bandeau « 100 % Jésus » qu’arborait Neymar après la victoire du Brésil aux Jeux Olympiques avait provoqué une polémique. Les pros y voyaient un bel acte de Foi, les antis hurlaient que cela n’avait rien à faire sur un terrain de football. « Cachez ce prosélytisme que je ne saurais voir ». Quelques années plus tard, l’attaquant égyptien, star de Liverpool, faisait la Une du Monde avec cette mention : « Mohamed Salah, le footballeur qui fait aimer l’Islam à Liverpool ». Là c’est unanime : « Il change la perception de l’Islam en Angleterre », « ses parents sacrifient des veaux avant chaque match important, c’est peut-être ça qui le fait gagner », s’interroge en toute complaisance LCI. Puis de renchérir en s’esbaudissant du courage de l’attaquant qui observera le ramadan même pendant la finale.

 

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En réalité, la religion et les terrains de foot ont toujours cohabité. De nombreux sportifs ont toujours fait étalage de leur Foi, et n’hésitent pas à attribuer au Très-Haut le mérite de leur carrière ou de leurs belles performances. Ainsi l’international français Olivier Giroud confesse volontiers lire régulièrement des psaumes, et son aîné Djibril Cissé a raconté chez Ruquier son enfance dans une famille musulmane (il a un frère imam) avant sa conversion au catholicisme. Ce phénomène ne se développe pas qu’en France : en Suède, le club d’Assyriska basé dans la banlieue ouest de Stockholm (à Södertälje plus précisément) tire son nom de son équipe assyro-chaldéen-syriaque.

Pour l’anecdote, elle est co-entraînée par le frère de Jimmy Durmaz, international suédois dont les tatouages chrétiens sont célèbres sur les terrains suédois mais également à Toulouse où il évolue comme milieu de terrain. En France, on peut aussi citer le club mythique de l’AJ Auxerre évoluant dans le Stade de l’Abbé-Deschamps baptisé en l’honneur du fondateur du club. De l’autre côté de l’Atlantique, les coéquipiers de Neymar sont tout aussi décomplexés: Marco Ceara, ex-défenseur du PSG expliquait à 20 Minutes que son film préféré était la Passion du Christ; les baptêmes évangélistes des deux compères David Luiz et Thiago Silva avaient fait le tour du web jusqu’au pape François, qui n’a jamais caché le supporter du club de San Lorenzo qui cohabitait en lui avec Lui.

« Le sport consiste à déléguer au corps quelques-unes des vertus les plus fortes de l’âme » Jean Giraudoux

En somme, les pelouses évangélisent ? Peut-être. Mais personne ne niera que le sport et la spiritualité partagent un grand nombre de dénominateurs communs. Jean Giraudoux disait: « Le sport consiste à déléguer au corps quelques-unes des vertus les plus fortes de l’âme ». C’est ce lien entre effort et spiritualité qui plaît aux chrétiens. C’est ce qui a poussé 12 000 personnes à marcher 120 kilomètres en trois jours vers Chartres. C’est également cette proximité qui envoie régulièrement hommes et femmes sur les chemins de Rome, Jérusalem ou Compostelle. Mais derrière ce beau discours et derrière l’aspect spectaculaire du religieux dans le monde du foot professionnel, derrière la « touchante » histoire des veaux de Mohamed Salah, se cache une réalité bien moins réjouissante.

 

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« On est dans un club à 80 % musulman, heureusement mon adjoint, musulman lui aussi, m’a aidé ». Jean-Christophe Devaux était entraineur de l’AS Duchère en 2013 dans l’un des quartiers les plus mal famés de Lyon. Il témoigne face à l’équipe de Stade 2 de l’évolution du religieux dans le foot. « On a dû s’adapter et aménager une salle de prière dans les locaux. » « La radicalisation via le football ou tout autre sport n’est pas un phénomène nouveau », nous apprend un policier officiant dans les renseignements. « Le problème est assez simple: lorsque l’État s’est désintéressé des quartiers populaires, le Parti communiste s’est implanté par la création et l’animation d’évènements et d’infrastructures sportifs. Lorsque le Parti s’est effondré, ce sont les islamistes qui ont pris le relai ». Une parole qui résonne à Lagny-sur-Marne où deux entraîneurs ont été limogés car fichés « S ». Notre agent des renseignements nuance toutefois le tableau : « Le problème est à double entrée puisque la cible préférée des recruteurs est les jeunes désœuvrés. Lorsqu’un club de sport ferme, les jeunes se retrouvent inoccupés et c’est là que l’endoctrinement opère », détaille-t-il.

Pour Patrick Karam, le problème est plus global. Le vice-président de la région Ile-de-France avait pondu en 2015 un rapport exhaustif intitulé : « Le sport amateur vecteur de communautarisme et de radicalité ». L’élu s’était notamment étonné que « quasiment tous ceux qui ont commis un attentat étaient passés par un club de sport ». En résumé, si vos gamins vont en club de sport, ils risquent d’être radicalisés par un coach. Et s’ils préfèrent traîner dans la rue, ils seront alpagués par quelque Cheikh prêt à tout pour donner un sens à leur vie et du plaisir aux quarante vierges du Paradis. Le football s’est fait envahir par le religieux à cause de la population qu’il draine. N’en déplaise à certains prêcheurs en marche amalgamant mantille et hijab, ou prêches en latin et en arabe : il ne faut pas amalgamer chrétien en quête de radicalité et musulman radicalisé.

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