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Honneur et fidélité

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Publié le

10 janvier 2022

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Dirigé par Jean-Christophe Buisson et Jean Sévillia, Le dernier carré nous fait découvrir quelques héros méconnus qui ont tout sacrifié par pur sens de l’honneur.
dernier carré

« Vous ne vous battez pas seulement pour la religion, mais pour des montagnes et des arbres ». Ainsi parle, stupéfait, en 1704 le baron d’Aigaliers au chef des camisards Rolland, car le rebelle préfère mourir plutôt que de quitter son sol natal. Cet ultime acte d’héroïsme avant la répression qui s’abat sur les Cévennes pose cette question : pourquoi des hommes combattent-ils jusqu’au bout ? Vingt-cinq historiens et journalistes tentent de répondre à cette interrogation dans Le Dernier carré. En effet, la fidélité, le devoir et l’honneur ont porté les hommes vers des sommets d’abnégation, des champs de bataille de Thermopyles en 480 avant JC aux ruines de Kobané en 2014.

Le mérite du Dernier carré est de nous faire découvrir des héros méconnus comme les Indiens du Roi de France qui organisent en Acadie et au Canada en 1763 la résistance à l’occupation britannique. Deux cent cinquante ans plus tard, leur souvenir en anime encore le cœur du souverainiste Mathieu Bock-Côté qui raconte leur épopée avec brio. Il y a aussi la tragique destinée de Saigo Takamori (1828-1877) dit le « dernier Samouraï ». Incarnation du Japon féodal, Takamori se rebelle contre la modernisation de la nation.

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En 1873, l’instauration de la conscription fait perdre à la caste des samouraïs, le monopole de la guerre. Le 24 septembre 1877, Saigo Takamori et 400 samouraïs sont décimés pour avoir vécu au nom des valeurs d’indépendance, de fierté et d’honneur. Autre pépite du Dernier carré, la guerre de libération des « frères de la forêt » : Jean-Christophe Buisson y raconte la résistance des Lituaniens au totalitarisme soviétique de 1944 à 1965.

L’auteur nous transporte dans les forêts épaisses, imprégnées de culture païenne et de vieux mythes baltes. Les noms de guerre des chefs de la résistance sont des noms d’oiseaux, de plantes ou d’arbres : « Le Faucon », « La Chouette », « le Chêne ». Le Dernier carré offre un lecteur un recueil de sacrifices sans quoi il n’y a pas de grande nation. Les héros nourrissent nos ambitions et nous contraignent à la grandeur. En 1944, le Général de Gaulle agacé par les pleurnicheries de Georges Bidault, lança pour clore leur rendez-vous : « Redressez-vous Bidault ». À la lecture du Dernier carré, on se redresse.


Le dernier carré, dirigé par Jean-Christophe Buisson et Jean Sévillia
Perrin, 384 p., 21€ 

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