«Le dialogue s’est mué en soutien de la progression de l’islam en France»

® Nicolas Pinet pour L'Incorrect

Directeur de l’Observatoire de l’islamisation, Joachim Véliocas est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Ces maires qui courtisent l’islamisme et Mosquées radicales : ce qu’on y dit, ce qu’on y lit. Son dernier livre, L’Église face à l’islam (Éd. de Paris, 2018), est l’effarante chronique de la soumission d’une Chrétienté qui a renoncé à combattre, et, pire, à croire en elle-même. Vous avez démontré, dans un précédent livre, comment les élus locaux pensent acheter la paix sociale et s’assurer une clientèle électorale en favorisant la construction de mosquées, vous dénoncez ici les compromissions, lâchetés, naïvetés de l’Église. Que cherche l’épiscopat en se montrant si bienveillant à l’égard de l’islam ? L’épiscopat a pour boussole une flèche de direction lui indiquant de « sympathiser à tout prix » avec les musulmans, qui comporte une série de préalables : dire du bien de l’islam, dialoguer en évitant les sujets qui fâchent avec tous les interlocuteurs, jusqu’aux salafistes ou de la mouvance Frères musulmans, et approuver les projets de mosquées. Les prélats cherchent à créer des liens d’amitié, cela est louable, mais ils auraient dû être les premiers à alerter il y a vingt ans sur le danger des mouvances radicales et appeler à une fermeté gouvernementale. Cette alerte n’est jamais venue. Le « dialogue interreligieux », qui est en fait le dialogue « islamo-chrétien », vous paraît-il utile, ou, au contraire, dangereux ? Le dialogue est nécessaire, surtout pour évoquer les modalités du vivre-ensemble et poser les questions indispensables sur le droit des personnes musulmanes à changer de religion, par exemple. Il y a plusieurs niveaux dans le dialogue, celui où on parle des sujets de la vie courante pour sympathiser, celui où il faut « mettre les pieds dans le plat » pour clarifier le projet de cohabitation dans une même société. Par contre, le dialogue au niveau doctrinal ne mène pas à grand-chose, étant donné que chacun campe sur ses convictions profondes, mais dans la pratique, il mène des évêques à approuver l’irruption de mosquées radicales devant les imams. Par exemple quand Mgr Ricard va à la mosquée de Pessac, notoirement salafiste (avec une dizaine de fichés FSPRT), dénoncer la « peur » des Français quant à la multiplication des mosquées (avril 2015). À Strasbourg, Mgr Doré a défendu le projet de Grande Mosquée financé par les collectivités locales, lieu où a été accueilli le ministre saoudien des Affaires islamiques. Le cardinal Barbarin, lui, s’est fendu d’un communiqué de soutien pour le projet d’Institut français de civilisation musulmane de Lyon, financé sur fonds publics, alors que ses dirigeants ont demandé la libération de Tariq Ramadan ! Des exemples comme ceux-là sont pléthore. On comprend que le dialogue s’est mué en soutien de la progression de l’islam en France. Mgr Dominique Lebrun avait eu cette phrase incroyable de soumission en 2010 devant les musulmans de Saint-Etienne : « Les chrétiens ont du mal à comprendre la présence de mosquées sur le territoire qu’ils considèrent comme le leur. Cette pensée n’est pas juste, et autant que cela m’est donné comme une grâce de Dieu, je veux demander pardon ».
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Journaliste

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