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Le maître stratège ou le maître baratineur ? Macron face aux Français

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Publié le

13 juillet 2021

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Hier soir, le Président de la République a annoncé face à la reprise de l’épidémie une extension du passe sanitaire qui ressemble fort à une obligation de vaccination, que l’exécutif avait juré ne jamais mettre en place. Ce revirement connait de nombreux précédents dans cette crise, et témoigne encore de l’autoritarisme macronien.
Macron

« Je l’ai dit et je le répète : le vaccin ne sera pas obligatoire. Ayons confiance en nos chercheurs et médecins. Nous sommes le pays des Lumières et de Pasteur, la raison et la science doivent nous guider », a dit Emmanuel Macron le 27 décembre de l’année 2020. Changement total de braquet hier, lundi 12 juillet 2021, jour où le Président de la République a décidé de plonger la France en Etat d’exception permanent, rendant de fait la vaccination obligatoire pour avoir une vie normale.

Lors de son allocution, Emmanuel Macron a rompu avec tous les discours qu’il a tenus durant la crise sanitaire. Il a aussi trahi ses promesses, ses serments prononcés la main sur le cœur et le petit doigt bien appuyé sur la couture du pantalon. De quoi encore un peu plus diviser et exciter des Français troublés par des mois d’atermoiements coupables, de flou et de décisions incompréhensibles. Rappelons-nous des premiers mois lors desquels le coronavirus a été porté à la connaissance du public, avant de s’installer confortablement dans nos foyers : il était impossible de savoir qui disait vrai, qui savait exactement ce qu’il se passait.

Lors de son allocution, Emmanuel Macron a rompu avec tous les discours qu’il a tenus durant la crise sanitaire. Il a aussi trahi ses promesses, ses serments prononcés la main sur le cœur et le petit doigt bien appuyé sur la couture du pantalon.

D’abord, l’ancienne ministre Buzyn nous annonça que le virus ne franchirait pas nos frontières, à l’image du nuage de Tchernobyl, avant de se dédire. De fait, c’est précisément parce qu’elle avait minoré la dangerosité du virus qu’il est arrivé chez nous, puisque nous n’avons pas fermé nos frontières au déclenchement comme le bon sens le plus élémentaire nous l’intimait.

Ensuite, nous vécûmes la polémique des masques. Ils n’ont « servi à rien » pendant des mois. Nous fûmes même accusés d’être trop stupides pour parvenir à les enfiler correctement, par l’épidémiologiste en chef Sibeth N’Diaye. Pis, nous recevions alors des amendes pour port non autorisé du masque, qui, non content de ne pas être efficace, a même un temps été qualifié de dangereux et de potentiel vecteur de propagation du coronavirus ! Les Français ont été déroutés et encouragés au scepticisme par ce torrent de mensonges, de bêtises autosatisfaites et de contresens scientifiques qui ont fait le déshonneur de la France, de son gouvernement. Etrangement, ces épisodes semblent avoir été oubliés depuis, n’étant que rarement évoqués.

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Les sondages sont d’ailleurs favorables à Emmanuel Macron, tant quant à sa volonté de « réformer » que quant à la vaccination obligatoire des soignants – avant qu’elle ne devienne obligatoire pour toute la population -. En décembre dernier, ils n’étaient que 42 % à déclarer être prêts à se faire vacciner, contre 74 % début juillet selon un sondage Elabe. Toujours selon Elabe, 61 % de la population est désormais favorable à rendre la vaccination obligatoire pour tous les Français. Un chiffre qui monte à 72 % pour les soignants. Les écarts fonction de l’âge des répondants sont aussi intéressants : 79 % des 65 ans et plus sont d’accord pour imposer l’injection à la population globale, 90 % pour les soignants. À l’inverse, ces chiffres représentent respectivement 47 % et 54 % des sondés sur la tranche 18-24 ans. 

Les indicateurs de popularité d’Emmanuel Macron sont aussi étrangement au beau fixe. Il a un socle d’admirateurs, les fameux insiders du bloc bourgeois et du zentrum bien mis en relief par l’enquête Ifop-Fiducial récemment publiée dans Le Journal du Dimanche. Un électorat qualifié « d’optimiste, libéral et avide de réformes ».

L’exécutif a un faux-nez libéral. Il est simplement gagné à la globalisation et inféodé aux intérêts économiques des grands groupes.

Libéral ? Du moins le croient-ils, la politique d’Emmanuel Macron étant politiquement illibérale et tenant économiquement du pur capitalisme de connivence. L’exécutif a un faux-nez libéral. Il est simplement gagné à la globalisation et inféodé aux intérêts économiques des grands groupes. Ils ne savent qu’instaurer plus de normes et étendre l’affreux maquis administratif qui nous étouffe au quotidien.

Illibéral, Emmanuel Macron l’est dans sa manière d’envisager le fonctionnement de nos institutions et nos libertés publiques… sauf pour ce qui concerne les politiques migratoires, sociétales, éducatives et sécuritaires. On aurait d’ailleurs apprécié qu’il se montre aussi ferme avec les clandestins et les voyous qu’il ne l’est aujourd’hui avec les Français. Sa politique ne vise pas à nous sortir de l’ornière, elle est étudiée pour cliver et lui assurer le soutien plein et entier d’un bloc bourgeois aussi manichéen que le bloc réfractaire peut parfois l’être. « Il n’y a pas d’alternative » à notre état autre que l’autoritarisme sanitaire, le contrôle absolu de la technocratie et les effets pernicieux de la mondialisation. Les groupes sont perpétuellement montés les uns contre les autres, dans l’incapacité de dialoguer et de se comprendre. Cela ne peut pas être fortuit.

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