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Le steak qui cache la forêt des Verts

Que se passe-t-il dans la tête de certains élus ? Depuis quelques jours, la cause animale prend une tournure grotesque, à Lyon ou encore à Strasbourg. La considération que nous devons rendre aux bêtes et aux œuvres de la nature, admirablement décrite dans le Cantique des créatures de saint François d’Assise, devient malheureusement un anti-humanisme à l’ère de la post-modernité ; une négation du rôle et de la place de l’Homme dans le règne animal, auquel il appartient mais duquel il se distingue par la conscience.

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Passée inaperçu en septembre dernier, un débat du Conseil municipal de Strasbourg illustre à merveille le panthéisme new age et dévoyé qui tient lieu de pensée, de doctrine politique, de philosophie, de spiritualité, voire de religion et de parti, à quelques-uns de nos contemporains. Marie-Françoise Hamard, conseillère municipale des Verts débauchée au Parti animaliste, a en effet plaidé la larme à l’œil pour les rats et les punaises de lit, pauvres animaux qui « n’ont nulle part où aller » et ne peuvent « pas retourner à l’état sauvage ». L’élue a même ergoté sur les termes employés pour qualifier ces charmants animaux – c’est assez vrai pour les rongeurs, dotés d’intéressantes capacités cognitives, même s’ils nous apportent tous les microbes et virus les plus mortels.

Qualifiés par certains auteurs d’animaux « liminaires », sous l’influence des philosophes antispécistes canadiens Sue Donaldson et Will Kymlicka qui ont imaginé le concept dans l’essai Zoopolis, nos traditionnels nuisibles sont désormais considérés comme « des résidents permanents » de l’habitat humain. Rats, ratons-laveurs, pigeons, puces de lit, moustiques et autres seraient donc « négligés » et « méprisés » en tant que lumpen-prolétariat de la bête humaine. On appelle aussi les nuisibles animaux « commensaux », selon le concept théorisé par le zoologiste belge Pierre-Joseph van Beneden. S’agissant d’animaux liés à l’espèce humaine, comme ceux que nous venons de citer ou bien encore la blatte et le goéland, on parlera même plus précisément de synanthropie, puisque nous entretenons des liens durables avec ces animaux non-domestiques qui tirent profit de leur association avec nous en mangeant notre nourriture, ou en vivant dans nos maisons. Les plus intelligentes de ces espèces parviennent même à s’adapter à la modification de notre milieu, tirant profit des lignes à haute tension pour s’y percher ou des couloirs de métro pour s’y abriter.

Pour certains antispécistes, cette proximité s’apparente à un voisinage d’égal à égal. Ils entendent non seulement accorder une citoyenneté aux animaux domestiques – Médor sera fort aise d’avoir sa carte d’électeur et de payer de la TVA sur ses croquettes –, reconnaître la « souveraineté » des animaux sauvages dans leurs espaces naturels, mais aussi accorder des droits aux nuisibles et parasites de toutes sortes ! Les puces de lit sont nos frères et sœurs dans le vivant, dans la création, nous dit-on dans une veine indienne ou bouddhiste – très – mal comprise. Des propos proprement délirants qui trouvent un fort écho chez des Verts tentés par l’écologie « profonde », le « réenchantement du monde », ou le retour des petites entités du monde suprasensible qui habiteraient nos rivières, nos plantes ou nos courants d’air.

Lire aussi : Jean-François Guihard : « Le lobby anti-viande se cache derrière les Verts »

Ces idées et croyances sont respectables, s’appuyant sur diverses traditions religieuses qui n’ont-elles jamais oublié que le vivant s’organisait autour d’une hiérarchie. Jusqu’à preuve du contraire, les puces de lit n’ont pas de conscience et ne bâtissent aucune œuvre de l’esprit. Nous devons à toutes les créatures le respect auquel elles ont droit, mais nous nous devons aussi de nous préserver de leurs nuisances et de nous protéger d’elles quand c’est nécessaire. Même le méditatif indien sait que l’Homme est différent par nature de l’insecte, de la plante ou de la pierre. Pourquoi donc nos si sensibles antispécistes sont-ils eux incapables de l’entendre ? Aiment-ils si peu leurs congénères humains qu’ils doivent les abaisser au rang de la puce de lit ?

Ne nous y trompons pas, le maire de Lyon Grégory Doucet a supprimé la viande dans les cantines publiques parce qu’il est imprégné de ces idées folles. Il a simplement pris prétexte de la pandémie pour avancer l’agenda de tous ces gens … et priver les enfants de la viande utile à leur développement de petits omnivores. L’Homme a pour tâche, pour mission même, de préserver son environnement. Un environnement qu’il a transformé et qu’il continuera de transformer, car la conscience qui lui est propre en fait le maître.

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